
Acte III du mouvement lycéen, ce mardi 6 octobre 2026, à Lannion (Côtes-d’Armor). L’action s’est ouverte sur un rassemblement bon enfant, au petit matin devant le lycée Le Dantec. Cette fois, en l’absence de policiers mais en présence d’adultes. Les heurts avec les forces de l’ordre, ces derniers jours, avaient convaincu notamment syndicalistes et parents d’élèves de se joindre aux jeunes. Ensemble, ils ont constitué un cortège de près de 500 personnes en centre-ville.
Par Céline MARTIN-DESILLE, Virginie GUENNEC & Lucie PELE
Aujourd’hui, des profs, des syndicalistes et des darons-daronnes sont avec nous !
Dès l’aurore, la densité du rassemblement devant le lycée Le Dantec laisse apparaître la venue de nombreux adultes, disséminés dans l’assistance. Sans que cette présence silencieuse ne dérange les plus jeunes, encore très mobilisés, ce mardi 6 octobre 2026 à Lannion (Côtes-d’Armor).
« Merci de vous mobiliser pour nous »
Merci de vous mobiliser pour nous
ou Ça fait chaud au cœur de nous voir si nombreux !
exprimeront à plusieurs reprises les lycéens, manifestement heureux de se réapproprier un mouvement entaché par des perturbateurs
ces derniers jours. Ce mardi matin, ils portent haut et fort leurs doléances et revendications.
Au micro, il est question de classes surchargées
, de journées de cours sans fin
, de profs qui manquent à l’appel
, de pression scolaire trop importante
, de Parcoursup et son système de tri social
. Autant de réalités quotidiennes
dépeintes comme pesant sur la santé mentale
de leur génération. Et pourquoi on n’a pas plus de psychologues, d’infirmiers, d’assistantes sociales à notre écoute ?
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« Pas là par colère mais par espoir »
Et il n’est pas question que des lycéens : entrés dans le mouvement le matin même, des étudiants de l’IUT mêlent leurs voix à celles des élèves de Dantec et Savina (Tréguier). On n’est pas là par colère mais par espoir que nos revendications soient entendues. On est beaucoup dans des logements précaires, et la pauvreté des étudiants se creuse de plus en plus. On ne devrait pas entrer en études supérieures avec la peur de la précarité
, pose un étudiant. Un autre ajoute : Aujourd’hui, on vient en soutien à votre mouvement, victime de la répression policière.
De présence policière, il n’y en aura point : ce mardi, les forces de l’ordre sont invisibles à Lannion, comme l’avait annoncé la sous-préfète, très tôt dans la matinée. La veille au soir, le commissariat de Lannion avait vu converger 300 Trégorrois, reprochant à la police des violences disproportionnées envers nos jeunes
.
Éviter l’escalade
La nécessité de se tenir auprès des jeunes, en ce nouveau jour de mobilisation, est largement partagée. Le mot d’ordre est dans toutes les têtes, que résume ce parent : Tout faire pour éviter aux lycéens le scénario de la semaine dernière
, à l’évocation des heurts avec les forces de l’ordre. Cette journée, on la redoute forcément un peu
, pose ce groupe de parents.
Mère d’un ado pourtant scolarisé dans l’établissement privé de la ville, Audrey a tenu à venir devant le lycée public avec ses deux autres enfants, âgés de 21 et 24 ans, par solidarité. Si nous ne sommes pas là pour revendiquer les droits de cette jeunesse, qui le fera ?
Cette présence des adultes et de l’intersyndicale aura sans doute contribué à éviter l’escalade, d’un bout à l’autre de la matinée, jusqu’au rassemblement sur le quai d’Aiguillon ce midi. Mais l’absence des forces de l’ordre aussi.
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