
À Ploemeur (Morbihan), des soignants de l’Ehpad de Kerbernès se mobilisent pour contester le passage à des journées de douze heures de travail consécutif, à partir du 1er août 2026. Ils estiment que l’allongement des horaires ne permettra pas d’améliorer la prise en charge des résidents.
Par Coline BOUARD
Travailler en effectifs réduits ça suffit
: tel est le leitmotiv des manifestants ce mercredi 8 juillet 2026 sur le parvis de l’Ehpad de Kerbernès à Ploemeur (Morbihan). Une vingtaine de soignants occupent l’entrée de l’établissement pour protester contre le passage à des journées de douze heures de travail, dispositif qui entrerait en vigueur le 1er août 2026. Actuellement, les équipes travaillent entre 7 et 10 heures par jour.
Si on passe à douze heures, on n’aura plus de vie de famille. L’épuisement physique et psychologique se creuse de plus en plus
, témoigne Emma (1). Pour ce personnel, la solution n’est pas d’allonger les journées, il faut recruter
insiste Léa (1). On passe en moyenne 25 minutes le matin avec chaque résident. Le temps de les lever, les laver, les habiller et nettoyer un peu leur chambre. C’est trop peu, on n’a pas le temps de parler avec eux, ni d’aller les promener.
On dirait qu’on travaille à l’usine, à la chaîne. Avec un poste en plus, on pourrait aller les balader dans la cour
, raconte, frustrée, Manon (1). Une résidente renchérit : J’aimerais discuter avec elles, mais je vois qu’elles n’ont pas le temps. Je me demande comment elles tiennent le coup.
« De manière très exceptionnelle »
À la journée, treize employés se relaient auprès des 70 résidents. Les arrêts de maladie et les congés maternité ne sont pas remplacés. Les plannings sont faits à la virgule près, donc dès qu’il y a un arrêt, ce sont les employés qui en pâtissent
, témoigne Ludovic Benabes, représentant du personnel CGT au Groupe hospitalier Bretagne Sud (GHBS). Les difficultés de recrutement sont réelles car à force de dégrader les conditions de travail, plus personne ne veut venir travailler dans les Ehpad
, poursuit-il.
Sollicitée, la direction du GHBS affirme que le passage à des journées de douze heures ne sera envisagé qu’en dernier recours, qu’elle n’a pas la volonté institutionnelle
de développer ce dispositif dans les Ehpad et au GHBS en général
. Dans le cas précis de Kerbernès, elle indique que seuls deux remplacements restent à réaliser au mois d’août
. Si les postes ne devaient pas être pourvus, alors « l’organisation, de manière très exceptionnelle, serait revue avec quelques horaires en douze heures afin de maintenir la continuité, la qualité et la sécurité des soins ».
(1) Prénoms d’emprunt
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