
Ce dimanche 6 septembre 2026, des membres de la FDSEA et des JA 22 sont venus à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) pour exprimer leur ressenti après le plan de soutien d’urgence dévoilé par la ministre de l’Agriculture, le 4 septembre. Des aides qu’ils jugent insuffisantes.
Entretien réalisé par Marie DESVEDAVY et Jérôme FOUQUET
Thierry Houel, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) des Côtes-d’Armor et agriculteur à Saint-Carné, ainsi que Guillaume Nourry et Maxime Merpault, respectivement président et trésorier des Jeunes agriculteurs (JA) du département, se sont retrouvés devant la préfecture, à Saint-Brieuc, ce dimanche 6 septembre 2026. Ils reviennent sur le plan de soutien à l’agriculture d’urgence annoncé vendredi 4 septembre par Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.
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Quel est le but de votre action devant la préfecture, ce dimanche ?
Pour marquer le coup. Entre toutes les maladies qui ont touché nos animaux, les coups de chaud, nous avons subi des pertes énormes dans nos élevages et l’état de nos cultures est catastrophique. Nous faisons actuellement les récoltes des treize mois à venir. Et on est déjà en train de consommer les stocks de silos à maïs et d’ensilage d’herbe qu’on avait pour cet hiver. Pour le maïs, qui est de piètre qualité, nous accusons une baisse de rendement de 30 à 50 %. Cette qualité, il va falloir qu’on la complémenter.
Pourquoi considérez-vous que le plan de soutien d’urgence d’un milliard d’euros, annoncé par la ministre de l’Agriculture, est insuffisant ?
Ce milliard est un bel effet d’annonce. Ça donne le signal aux consommateurs qu’on est en train de soutenir l’élevage et l’agriculture française. Mais quand on le décrypte, il se cantonne à des aides nouvelles et de l’argent nouveau à hauteur de 660 000 €. En réalité, ce sont 230 millions qui vont rester à la main des préfets – tous départements confondus – fléchés pour l’achat de fourrage et la remise en terre pour le plan de réarmement de l’agriculture. Aujourd’hui, nous ne savons pas combien toucheront les Côtes-d’Armor.
Qu’attendez-vous de la réunion prévue mercredi avec le préfet ?
On espère réellement qu’il nous entende et porte le message que ce n’est pas suffisant. Avec 10 millions d’euros pour la Bretagne, la moyenne sera de 1 700 € par exploitation. Si on veut encore manger français demain, il va falloir un vrai plan de sauvegarde de notre souveraineté.
Par ailleurs, il n’y a eu aucun mot de la ministre sur des possibles renégociations commerciales. Ce qui pourrait nous sauver, c’est un retour du vrai prix et une intégration de l’inflation dans notre coût de production. Pour l’heure, tout ça n’est que du saupoudrage.
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