«Ce n’est pas ici qu’on a trouvé une solution» : la déception des éleveurs à la COP17 sur la désertification (reporterre-28/08/26)

Une éleveuse trait une chèvre dans le désert de Gobi en Mongolie, en 2022. – © Leo Coulongeat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

À la veille de la clôture de la COP17 contre la désertification, en Mongolie, si les éleveurs, notamment les pastoralistes, ont réussi à trouver une place après des années de lutte, les négociations se dirigent vers un échec.

Par Etienne CHOLEZ

Oulan-Bator (Mongolie), reportage

Ils existent, et c’est déjà beaucoup. Que de chemin parcouru par ces éleveuses et éleveurs venus d’Asie, d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Europe. « On est partout. On parle de nous tous les jours. Cela fait dix ans que je travaille avec les pastoralistes pour qu’ils soient reconnus et, enfin, nous y voilà », se réjouit Natasha Maru, membre du Fonds international de développement agricole (Ifad).

Depuis le 17 août et le début de la COP17 contre la désertification, qui s’achève le 28 août en Mongolie, elle écume les conférences qui s’organisent sous les hangars de l’événement : « Rendez-vous compte, j’ai été sollicitée tous les jours pour des conférences sur cette COP. Les précédentes, je devais me battre pour prendre la parole. Réussir à changer ce narratif, c’est-à-dire parler de la terre mais surtout de ceux qui la préservent, c’est une avancée majeure. »

Entrée de la COP17 à Oulan-Bator, en Mongolie. © Étienne Cholez / Reporterre

Tout le monde loue le travail de la Mongolie qui a poussé pour que les Nations unies déclarent 2026 comme l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux ; avec en point d’orgue l’organisation du Global Pastoralist Gathering and Conference du 10 au 15 août, dans la capitale mongole. 400 éleveurs du monde entier se sont réunis pour délivrer la déclaration d’Oulan-Bator : un « appel à l’action des éleveurs pastoraux du monde entier et des éleveurs pastoraux autochtones ».

À l’intérieur, plusieurs recommandations autour de thèmes comme « Reconnaître, respecter et protéger les droits des pastoralistes », « Mobilité et pastoralisme nomade » et « Justice climatique et biodiversité ». Une déclaration soumise lors de cette COP17 sur la lutte contre la désertification.

« Ce n’est pas ici, à la COP17, qu’on a trouvé une solution »

Cependant, à quelques heures de la fin de ce sommet climatique, certains éleveurs et éleveuses éprouvent une très grande colère, car la société civile et les peuples autochtones ont été réduits au silence par les États-Unis dès le premier jour. « On ne peut pas revenir chez nous sans mesure concrète », déplore Anne, une éleveuse kényane. C’est leur crainte au regard des impasses entre États lors des négociations : des mots sans acte.

« Avons-nous obtenu l’assurance que nos terres seront protégées ? Non », s’agace Anaa, une éleveuse mongole du désert de Gobi. À ses yeux, cette COP ne changera rien à ses problèmes quotidiens : « Nous, les nomades de Mongolie, on sait qu’on a un immense problème avec les jeunes. Ils ne veulent plus devenir éleveurs. Ce n’est pas ici, à la COP17, qu’on a trouvé une solution. »

Elle cite également le conflit dû aux mines du désert de Gobi. « Chez moi, c’est un exemple concret de la nécessité d’avoir des lois qui protègent nos terres. Le secteur minier construit des routes partout. Ils disent que c’est bien pour faciliter les déplacements. C’est faux, à cause d’eux, je dois trouver de nouveaux itinéraires pour ma famille et mes animaux. »

Source: https://reporterre.net/On-ne-peut-pas-revenir-chez-nous-sans-mesure-concrete-les-eleveurs-decus-par-les-negociations-a-la-COP17

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