
Deux éducatrices du Trégor (Côtes-d’Armor) planchent sur la création d’une structure relais éducative pour les enfants de 6 à 12 ans, déscolarisés, parfois en attente de places dans des structures spécialisées. Elles lancent un appel aux dons à laquelle plusieurs artistes ont déjà répondu.
Par Virginie GUENNEC
C’est un projet qu’elles ont mûrement réfléchi. Depuis le mois de septembre, deux éducatrices costarmoricaines travaillent pour la création d’une structure relais éducative pour les enfants qui ont des besoins spécifiques
et qui sont sans solution. Elles ont lancé l’association À pas de plumes en mars 2026 dans cet objectif. Virginie Le Houx et Aline Colin exercent au centre de rééducation de Trestel à Trévou-Tréguignec (Côtes-d’Armor).
« Pour une place en IME, il faut attendre entre cinq et sept ans. »
Elles ont pu observer des jeunes enfants en attentes de place dans des structures spécialisées, et sans solution. C’est un constat de terrain. Pour une place en IME
(institut médico-éducatif), il faut attendre entre cinq et sept ans sur le territoire.
En attendant, les enfants retournent alors en milieu ordinaire, scolarisé à mi-temps ou même déscolarisés. Ils sont en souffrance, c’est compliqué pour eux, mais aussi pour l’enseignant, la famille, l’entourage. Il arrive qu’un parent doive renoncer à son travail, ça crée de la précarité et de l’isolement
.
Mais ces deux professionnelles pensent également aux enfants qui ont des besoins spécifiques, liés à des parcours de vie difficiles, à la phobie scolaire ou encore au harcèlement. Pour tous ces jeunes, elles ont imaginé une structure adaptée. On voudrait être le maillon manquant, pour éviter ce vide
, appuient-elles.
Un cocon pour reprendre confiance
Leur projet ? Accueillir ces enfants en petit groupe, maximum six enfants et dans un lieu adapté. Elles pensent à une yourte. Nous voulons un environnement le plus sécurisant possible, comme un petit cocon. La yourte apporte ce côté rassurant.
La tranche d’âge visée irait de 6 à 12 ans, soit du CP au CM2. Le but serait d’être là en complément à ce qui existe.
Elles souhaitent faire de l’accompagnement éducatif, et aider les enfants à garder confiance en eux
.
Pour ce projet, elles recherchent un terrain mais également de l’argent. Les deux éducatrices qui ont déjà entrepris des démarches auprès des élus locaux, des collectivités et des institutions, évaluent le montant de leur projet à 150 000 €.
Un appel aux dons et aux mécènes
Pour rassembler cette somme, elles ont lancé une collecte en ligne. Elles ont eu la bonne idée d’associer également des artistes, tels que Pep’s, Tri Yann et la Rue Kétanou qui leur a dédicacé un album, ou encore des photographes, des peintres, et même des sportifs, comme l’équipe de foot de Lorient qui leur a dédicacé un maillot. Nous allons faire une vente aux enchères
, confient Virginie Le Houx et Aline Colin. Elles savent néanmoins que le chemin sera long, car ce projet innovant ne rentre pour le moment dans aucune case
. Mais elles y croient et espèrent une ouverture en 2028.
La collecte en ligne est à retrouver sur HelloAsso . Contacts : sur Instagram, Facebook, projetapdp@outlook.fr ou tél. 06 64 37 95 36.
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