« C’est un gros soulagement » : à Lorient, le tribunal de commerce confirme le redressement de la Fonderie de Bretagne et écarte la direction d’Europlasma (LT.fr-3/07/26)

Le tribunal de commerce de Lorient a placé, ce vendredi 3 juillet 2026, la Fonderie de Bretagne en redressement judiciaire. L’entreprise doit trouver 3 millions d’euros d’ici le 17 juillet, date de la prochaine audience. La direction d’Europlasma écartée.

Par Stéphane GUIHENEUF

1-Redressement judiciaire

Comme attendu, après avoir constaté le défaut de paiements de la Fonderie de Bretagne (FDB Industries), à Caudan, et pour faire suite à la demande du groupe Europlasma, dont le P.-D.G était présent ce vendredi 3 juillet, à l’audience de 8 h, la mise en redressement de l’usine a été décidée par le tribunal de commerce de Lorient. « Il n’y a pas de liquidation », a lâché Maël Le Goff, secrétaire général de la CGT Fonderie de Bretagne alors que plus de 200 personnes étaient réunies devant le tribunal pour soutenir les fondeurs. Un soulagement, mais rien n’est joué. Une période d’observation est ouverte.

Peu avant 8 h, les représentants du personnel pénètrent dans le tribunal pour l’audience.
Peu avant 8 h, les représentants du personnel pénètrent dans le tribunal pour l’audience. (Le Télégramme/Vincent Le Guern)

2-La direction d’Europlasma écartée

« Deux administrateurs judiciaires avec une mission d’administration de FDB Industries », ont été désignés commente Europlasma. La direction du groupe landais est évincée de toutes les décisions qui concernent l’entreprise. Le tribunal a accédé à demande des représentants du personnel. « C’est un gros soulagement ». Cette décision constitue un désaveu du modèle Europlasma et son P.-D.G. « Les salariés n’ont pas à souffrir de gens qui reprennent des industries, qui viennent du monde de la finance. Ce n’est plus possible parce qu’on voit la détresse et la misère que c’est derrière », commente Maël Le Goff.

À lire sur le sujet« Ce mode de financement n’est pas pérenne » : qui est Europlasma, repreneur probable de la Fonderie de Bretagne ?

3-Trois millions d’euros à trouver d’ici le 17 juillet

Deux décisions suspensives accompagnent la décision. À commencer par celle de trouver trois millions d’euros d’ici le 17 juillet, date à laquelle les élus du personnel sont de nouveau convoqués. « Le timing est très court », reconnaît Maël Le Goff. Il s’agit d’assurer de la trésorerie en attendant de trouver un repreneur. Pour les trouver, il estime qu’il faut reprendre les discussions avec Renault et « que ces discussions se concrétisent en acte ». Selon lui, l’avenir de la Fonderie est « dans les mains des politiques, des décisionnaires, des gens qui disent des choses au Sénat ou à l’Assemblée ».

Maël Le Goff, secrétaire général CGT Fonderie de Bretagne détaille les décisions du tribunal.
Maël Le Goff, secrétaire général CGT Fonderie de Bretagne détaille les décisions du tribunal. (Le Télégramme/Vincent Le Guern)

4- Vers une reprise du travail lundi

L’autre condition, c’est de démontrer que l’entreprise peut redémarrer. Les fondeurs se disent décidés : « Tout est prêt. Ça fait déjà dix jours qu on attend. On a deux fours plein. La ligne de moulage a été testée, la sablerie aussi. Il n’y a pas de raison que ça ne marche pas », avance Maël Le Goff. Mais pour faire quoi ? « On ne sait pas trop, à part les prototypes pour Thales ». Une inconnue, comme les attentes de Renault. « On ne sait pas exactement en termes de volume ce dont ils ont besoin ».

5- Un avenir possible

Les fondeurs veulent y croire. « Ils n’iront pas jusqu’à la liquidation, parce que des fonderies, ils en ont tellement fermé en Europe qu’on en a toujours besoin, que ce soit pour l’automobile, l’armement, l’éolien… », avance Éric Blanchier, élu du personnel. « On va continuer à pousser le ministère de l’Économie, parce qu’on sait qu’il y a un avenir pour la Fonderie de Bretagne. Ça fait des années qu’on le dit. On n’a jamais eu une entreprise aussi neuve. On n’a jamais eu des salariés aussi motivés… », prolonge Maël Le Goff.

De leurs côtés, Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération, et Fabrice Vély, maire de Caudan, se disent, eux aussi, « convaincus que l‘avenir de la Fonderie de Bretagne existe » et que cela passe « notamment par la poursuite de sa diversification vers le secteur de la Défense ». Le député de Lorient, Damien Girard, rappelle que « la Fonderie de Bretagne n’est pas une entreprise comme les autres. Elle constitue un maillon stratégique de notre industrie, notamment pour la défense ». Il réitère sa demande de nationalisation temporaire de la Fonderie de Bretagne.

Source: https://www.letelegramme.fr/economie/cest-un-gros-soulagement-a-lorient-le-tribunal-de-commerce-confirme-le-redressement-et-ecarte-la-direction-deuroplasma-video-7077299.php

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