
Les quatre pays européens ont appelé, jeudi 20 août, Israël à « mettre fin à l’expansion des colonies en Cisjordanie ». Aucune sanction n’a cependant été annoncée, alors que Tel-Aviv accélère son projet de nouvelles colonies entre Maale Adumim et Jérusalem-Est, afin de tuer les espoirs d’un État palestinien.
Par Tom DEMARS-GRANJA
La Cisjordanie occupée est ensanglantée et ravagée par Israël. Le représentant adjoint de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour le Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a condamné fin juillet la « détérioration rapide » de la situation. Au même moment, des groupes de colons ont lancé un siège de la localité de Qusra, au sud de Naplouse, qui dure depuis plusieurs semaines.
Le gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou, lui, accélère l’installation de nouvelles colonies. Avec son plan East 1 (E1), Tel-Aviv souhaite s’approprier le territoire entre la colonie de Maale Adumim et Jérusalem-Est afin de tuer les espoirs d’un État palestinien.
La construction de plus de 1 200 logements
En réaction, la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont appelé, jeudi 20 août, Tel-Aviv à « mettre fin à l’expansion des colonies en Cisjordanie » et à « retirer immédiatement » les appels d’offres lancés cette semaine. Le ministère israélien du logement a ouvert, mardi, un appel d’offres pour la construction de plus de 1 200 logements dans le cadre du projet E1, ont rapporté l’organisation non gouvernementale (ONG) israélienne Peace Now et des médias israéliens. Les intéressés ont jusqu’au 19 octobre pour déposer une offre, soit huit jours avant les élections législatives.
Les quatre pays européens ont mis en garde les entreprises qui seraient tentées d’y participer. Située à l’est de Jérusalem, en territoire palestinien occupé, la zone visée est le théâtre d’un projet datant des années 1990 et approuvé en août 2025 par Israël. Doivent être construits quelques 3 400 logements sur ce territoire de 12 kilomètres carrés, coupant en deux la Cisjordanie occupée.
« À un moment où la Cisjordanie connaît une instabilité grave, avec des niveaux sans précédent de violences commises par des colons contre des civils et de sérieuses restrictions imposées à l’économie palestinienne, cette décision est d’autant plus préoccupante, ont déploré les quatre pays dans une déclaration conjointe. La colonie E1 compromettra les perspectives d’une solution à deux États en créant une division à travers la Cisjordanie et en portant atteinte à la continuité territoriale des territoires palestiniens. »
Début mai, 448 anciens dirigeants et diplomates européens avaient appelé l’Union européenne à agir contre le vaste projet de colonisation E1. Jusqu’ici, l’Union européenne, ou encore les États-Unis et le Canada, se sont contentés de sanctionner quelques dizaines de colons parmi les plus violents d’un point de vue individuel. Mais malgré cette énième condamnation publique, la perspective d‘actions d’ampleurs lancées par ces derniers – et donc la France, l’Italie, la Grande-Bretagne et l’Allemagne – reste un lointain mirage.
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