Des étés toujours plus chauds : visualisez l’explosion des températures depuis 40 ans (reporterre.net-14/08/26)

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Sous l’effet du changement climatique, l’été 2026 est parti sur des bases record depuis le début des relevés de température, en 1900. Nos graphiques permettent de mesurer l’ampleur du phénomène

Par Alexandre-Reza KOKABI et Nicolas BOEUF (infographies)

Avec une température moyenne de 24,85 °C à l’échelle de la France, juillet 2026 est devenu le mois le plus chaud jamais enregistré par Météo-France depuis le début des relevés en 1900. Le précédent record, établi en 2003, était de 24,8 °C. Le précédent mois de juillet le plus chaud était celui de 2006, avec une température moyenne de 24,36 °C. Un écart de près d’un demi-degré qui, pour une moyenne calculée sur l’ensemble du pays et sur un mois entier, est considérable.

Juin avait déjà donné le ton. Sa moyenne, de 22,75 °C, en a fait le mois de juin le plus chaud jamais mesuré en France. Il devance juin 2003, qui était jusqu’ici la référence des mois de juin exceptionnellement chauds.

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Notre premier graphique représente la température moyenne de chaque été depuis 1900. Pendant une grande partie du XXe siècle, on voit la courbe évoluer de manière irrégulière. Puis, à partir des années 1980, la tendance se dessine plus nettement : les valeurs les plus élevées deviennent plus fréquentes et les creux sont de moins en moins bas par rapport aux records récents.

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Le deuxième graphique ne montre plus les températures elles-mêmes, mais leur écart par rapport à la normale climatique. Après plusieurs décennies marquées par des étés situés sous cette référence, les années récentes basculent presque systématiquement dans les valeurs positives. Les pics des dernières années dépassent parfois les 2 °C d’anomalie.

Point de méthode important : une anomalie de température n’est pas calculée par rapport à une moyenne immuable. Météo-France utilise une période de référence de trente ans, actuellement 1991-2020, et la réactualise tous les dix ans. La prochaine référence sera donc 2001-2030. Autrement dit, la définition de ce qui est considéré comme « normal » se déplace elle aussi. Un été qui paraît aujourd’hui proche de la normale aurait pu être qualifié de chaud, voire de très chaud, il y a un siècle.

Sécheresses, incendies et mortalité accrue

Cette chaleur excessive a littéralement asséché le pays. Le 1er août, l’Observatoire national des étiages a recensé 1 373 cours d’eau touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs. Une situation sans précédent à cette période de l’année. Fin juillet, 80 % du territoire était déjà soumis à des restrictions d’usage de l’eau et 67 départements ont été placés en situation de « crise » ou d’« alerte renforcée », d’après la classification du site VigiEau. L’agriculture est fortement touchée par ce manque d’eau, avec des pertes de récoltes en fourrage, en maraîchage et en arboriculture.

Les forêts subissent également les conséquences de cette chaleur, avec des incendies à un rythme sans précédent. Au 12 août, selon l’observatoire européen Copernicus, plus de 93 000 hectares avaient brûlé. L’organisme effectue ce recensement avec une méthodologie propre via l’analyse d’images satellites en partie automatisée, en excluant les feux de moins de 30 hectares. Le mégafeu de Gironde fin juillet a notamment ravagé environ 42 000 hectares, entraîné l’évacuation de près de 220 000 personnes et menacé l’agglomération bordelaise.

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À l’échelle nationale, Santé publique France a enregistré un excès de mortalité de 5 764 décès sur la seule période du 17 juin au 2 juillet, soit une hausse de 36 % par rapport à la mortalité attendue. C’est le pire bilan depuis la canicule de 2003. Et les hôpitaux sont sous tension : le 26 juin, 2 089 passages aux urgences liés à la chaleur ont été recensés en une seule journée, un niveau jamais observé depuis le début de la surveillance sanitaire en 2004.

Ces températures et leurs effets n’ont rien d’un hasard. Elles sont rendues hautement plus probables par l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, provoquée par les activités humaines et soutenue pendant des décennies par les mêmes grands émetteurs, comme les multinationales pétrolières et gazières. Le réchauffement moyen de la planète, qui est approximativement de 1,4 °C au-dessus des niveaux préindustriels, est deux fois plus rapide en Europe que dans le reste du monde.

Source: https://reporterre.net/Des-etes-toujours-plus-chauds-visualisez-l-explosion-des-temperatures-depuis-40-ans

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