Dette publique : quand les marchés financiers font payer à la France la contestation sociale du 17 octobre (H.fr-20/10/26)

Les revendications pour davantage de moyens publics se heurtent ainsi à une mécanique inverse : leur satisfaction inquiète les créanciers, dont la défiance renchérit à son tour le financement de l’État.© Thibaut Durand/ABACAPRESS.COM

Alors que plus de 800 000 personnes ont manifesté samedi 17 octobre pour davantage de pouvoir d’achat et de moyens pour les services publics, les investisseurs, eux, s’inquiètent surtout de voir la contestation entraver le plan de rigueur du gouvernement. Résultat : la France emprunte de plus en plus cher.

Par Pierre CAZEMAJOR

À mesure que le mouvement social prend de l’ampleur, les marchés financiers accentuent leur pression sur la France. Mardi 20 octobre, l’écart entre les taux d’emprunt français et allemand à dix ans a dépassé 1,5 point, un niveau inédit depuis 2012.

La France emprunte désormais à 4,96 %, davantage que l’Italie (4,59 %) ou l’Espagne (4,07 %). En cause, selon plusieurs analystes : la crainte que la mobilisation sociale complique l’application du plan de rigueur prévu pour 2027, qui représente 43 milliards d’euros d’économies et de mesures budgétaires.

Les revendications sociales inquiètent les marchés

Car samedi 17 octobre, plus de 800 000 personnes ont manifesté partout en France. Et derrière la diversité des cortèges, les revendications étaient d’abord sociales : hausse des salaires et du pouvoir d’achat, amélioration des conditions de travail, lutte contre la vie chère, davantage de moyens pour l’école et les services publics. Autant de demandes qui supposent davantage d’intervention publique et entrent en contradiction avec la réduction des dépenses recherchée par le gouvernement.

Or, pour les marchés, tenir cette trajectoire budgétaire conditionne précisément la confiance accordée à la dette française. Plus cette capacité est mise en doute, plus les investisseurs exigent des taux élevés. Les revendications pour davantage de moyens publics se heurtent ainsi à une mécanique inverse : leur satisfaction inquiète les créanciers, dont la défiance renchérit à son tour le financement de l’État…

Source: https://www.humanite.fr/social-et-economie/cactus-40/dette-publique-quand-les-marches-financiers-font-payer-a-la-france-la-contestation-sociale-du-17-octobre

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