
En plein mouvement lycéen, une note de deux économistes tombe à pic. Publiée, mercredi 7 octobre par le laboratoire Public Finance Lab, elle comporte une série de mesures budgétisée à 11, 8 milliards d’euros pour redresser la situation de l’éducation du primaire à l’enseignement supérieur.
Par Scarlett BAIN
Les lycéens et les étudiants demandent 10 milliards d’euros supplémentaires au budget actuel pour améliorer les conditions d’apprentissage, deux économistes – Élise Huillery et Roman Paris – estiment, eux, qu’il en faudrait 11,8 milliards. Dans une note intitulée « Reconstruire l’éducation : mesures, coût, financement », publiée le 7 octobre, ces économistes donnent raison au mouvement lycéen, considérant que la France présente « un sous-investissement inquiétant » dans l’Éducation.
En seulement 18 pages, ils détaillent 8 mesures à prendre à court terme pour renforcer l’enseignement primaire et secondaire et, 5 pour le supérieur avec un chiffrage budgétaire précis. Mais avant tout, ils défont les idées fausses entretenues par le gouvernement pour justifier sa politique.
D’une part, la France dépenserait davantage que ses voisins européens pour l’éducation. Faux, assurent Élise Huillery et Roman Paris. L’effort public semble similaire en France et en Europe : 5,4 % du PIB en France contre 5,3 %, sur la période 2013-2022. La France compte par ailleurs plus d’élèves que ses voisins européens du fait de sa natalité plus dynamique au cours des deux dernières décennies. Par conséquent, elle dépense 15 à de 20 % de moins par élève que ses voisins, excepté au lycée.
Maintiens des postes, revalorisation et mixité sociale…
D’autre part, ils défont l’idée qui a récemment émergé « de profiter de la déprise démographique pour abaisser le budget de l’éducation et notamment supprimer des postes d’enseignant », écrivent-ils. Au contraire, la première mesure qu’ils préconisent est justement le maintien des postes d’enseignants pour réduire le nombre d’élèves par classe, une recommandation qui n’aurait aucun coût budgétaire pour l’État d’après leur calcul.
En revanche, l’État devrait investir dans la revalorisation du salaire des enseignants pour rendre le métier plus attractif. Mesure qu’ils chiffrent à 3,5 milliards d’euros.
Les deux économistes déclinent également une série de mesures sur la mobilité des enseignants afin de limiter les inégalités territoriales, renforcer la mixité sociale par la mixité résidentielle et améliorer la formation des professeurs et les moyens de tutorat pour les élèves. Les huit reformes de l’enseignement primaire et secondaire sont chiffrées à 6,2 milliards d’euros.
Quant à l’enseignement supérieur, Élise Huillery et Roman Paris évaluent les besoins à 5,5 milliards, afin de financer l’ouverture de places supplémentaires, de réformer les bourses sur les critères sociaux, de doubler l’offre publique de logements étudiants ou encore d’améliorer le fonctionnement de Parcoursup et son accompagnement.
Ce budget, Élise Huillery et Roman Paris, préconisent de le financer par la mise en place d’un impôt sur les grandes successions. Finalement, la jeunesse qui brandit depuis trois semaines des pancartes avec l’inscription « taxer les riches » n’a peut-être pas tout à fait tort. N’en déplaise à Édouard Geffray qui a annoncé un supplément de seulement un milliard d’euros, prévu dans le budget 2027.
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