
EXCLUSIF. Après l’annonce, par les syndicats et la direction, de la suppression de 867 postes, et la fermeture possible de trente centres de formation sur 142 en France, la directrice régionale Bretagne de l’Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa) détaille le plan breton. Trois sites actuels vont fermer.
Par Camille DESCROIX
L’Agence nationale pour la formation des adultes (Afpa) a annoncé un vaste plan social, qui prévoit la suppression de jusqu’à 867 emplois sur 5 700, et pourrait fermer trente centres de formation sur 142. En Bretagne, trois sites (sur neuf) sont concernés par le plan de réorganisation de la direction. Entretien avec Mercédès Garac-Crespin, directrice régionale de l’Afpa Bretagne.
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Quelle est la situation de l’Afpa en Bretagne ?
Notre chiffre d’affaires est en baisse, avec un recul compris entre 21 % et 25 % sur la période 2023-2025. À la fin de l’année 2026, il devrait diminuer de cinq millions d’euros. Le nombre d’heures stagiaires a diminué de 20 % (N.D.L.R : volume horaire global). On constate aussi une forte baisse des financements publics (le conseil régional, France Travail et Transitions Pro), soit plus de dix millions d’euros de moins en trois ans. On n’arrive plus à soutenir le modèle économique actuel.
Comment l’expliquez-vous ?
Aujourd’hui, le format des centres Afpa est surdimensionné au regard du marché de la formation professionnelle. On possède plus de 57 hectares à l’échelle de la Bretagne. Un tiers des surfaces de nos centres restent inutilisées, tandis que la charge immobilière pèse trop lourdement sur notre activité. À Morlaix (Finistère), par exemple, un peu moins de 30 % du chiffre d’affaires est absorbé par les charges immobilières. Il faut revoir notre maillage territorial.
Concrètement, comment se traduit le plan de réorganisation dans la région ?
En l’état (N.D.L.R : le dialogue social est en cours), on envisage de fermer les sites de Morlaix, Saint-Malo et Auray Kerval’h en Brec’h, remplacés par des antennes, en location, dans lesquelles seront conservées une activité de formation plus légère, ainsi que les dispositifs d’accompagnement des publics. Une partie des activités de Morlaix serait transférée à Brest, tout comme une partie des activités de Saint-Malo ira à Rennes. À Auray, l’antenne existante de Saint-Goustan, qui forme à toutes les activités du maritime, est maintenue. Le reste sera regroupé à Lorient. Certaines activités de formation, qui ne sont plus porteuses, ne seront pas transférées. Au total, on estime les économies réalisées sur les charges immobilières à plus de trois millions d’euros.
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Quelles sont les conséquences pour les salariés ?
Ce redéploiement du foncier va entraîner la suppression de 41 postes, compensée en partie par la création de 30 nouveaux postes. Soit onze postes en moins par rapport à l’effectif antérieur.
Où souhaitez-vous mettre vos efforts dorénavant ?
Notre organisation était structurée autour de la commande publique, qui diminue fortement. Il faut donc nous réorienter davantage vers le marché privé (les formations financées par des entreprises, des particuliers ou des acteurs privés). On renforce aussi l’offre de formation de nos trois grands centres (Rennes, Brest et Lorient), en y redéployant une partie de l’activité.
Quelles sont les prochaines échéances ?
Tous les mois, il y aura un CSE dédié à l’avancée du projet, site par site. Ce plan de réorganisation devrait être stabilisé fin janvier, début février 2027. La mise en œuvre s’effectuera en fin d’année 2027. Aucune rupture de parcours n’est prévue : les formations en cours seront menées jusqu’à leur terme.
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