
Depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, en janvier 2025, Cuba a été replacé sur la liste des États soutenant le terrorisme et subit une pression économique, financière et énergétique jamais connue. Le blocus qui dure depuis 1962 est condamné par les Nations unies dénonçant une prise d’otages.
Par Vadim KAMENKA
« Résistance », « souveraineté », « asphyxie », « solidarité », ces mots vont résonner dans l’immense hémicycle onusien, ce samedi. À la tribune du Palais de Verre, à New York, la République de Cuba et son ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla a énuméré les conséquences d’un blocus et de sanctions toujours plus criminelles des autorités états-uniennes depuis six décennies.
Le ministre a commencé son discours en rappelant à l’Assemblée le vœu émis par Fidel Castro dans son discours, 66 ans auparavant à la même tribune « en faveur de ce qui est juste » et que disparaisse « le colonialisme, l’exploitation, la guerre » alors à ce moment-là, « l’Humanité aura enfin franchi une étape décisive ». Hélas, les « agressions militaires se poursuivent » et les États-Unis continuent d’imaginer « imposer la paix par la force » et ne se préoccupent pas de « la souveraineté des États » en Iran ou au Venezuela.
Le chef de la diplomatie cubaine a fustigé les attaques répétées de la part de Donald Trump et de son administration. « Cuba subit une agression multidimensionnelle, quotidienne, de la part des États-Unis. Une hostilité permanente, abusive, impitoyable qui dure depuis 70 ans et a été renforcée en janvier par un blocus énergétique », a-t-il lancé. C’est un « blocus naval qui est décrit par le droit international comme un acte de guerre », a rappelé Bruno Rodríguez Parrilla alors que le seul représentant des États-Unis quittait l’hémicycle.
Une asphyxie jamais connue
Depuis le retour du président républicain au pouvoir en 2025 subit une des pires situations jamais endurées. Dès son investiture, le président a replacé Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme et durcit les sanctions à l’encontre des transactions financières, importation énergétique.
Avec son secrétaire d’État, Marco Rubio qui entend redessiner l’Amérique latine, ils veulent faire tomber Cuba. Le fils d’immigrés cubains et anticatriste, poursuit une stratégie de pression maximale pour asphyxier l’ïle communiste en visant le secteur du tourisme et de la coopération internationale afin d’aboutir à changement de régime.
« En cinquante-huit ans d’existence, je n’ai jamais vu ça, ce n’est même pas comparable à la période spéciale, il s’agit d’une asphyxie », s’est indigné auprès de l’Humanité, Emilio Lozada Garcia, responsable du secteur international du Parti communiste cubain (PCC).
Début septembre, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies et la Rapporteure spéciale sur les mesures coercitives unilatérales, Zaina Jallad, ont publié un document de 19 pages, condamnant cette politique de sanctions illégale aux yeux du droit international. Ils dénoncent « une prise d’otage » et « de graves crises humanitaires punissant des populations entières pour des différends politiques dans lesquels elles n’ont pas leur mot à dire ».
Le blocus unilatéral imposé par les États-Unis depuis 1962, qui en fait « la politique de sanctions la plus ancienne de l’histoire des relations extérieures » de ce pays pèse sur les moyens de subsistance et l’exercice des droits de l’homme de tous les Cubains ». Rien qu’en 2025, le blocus aurait coûté 7,5 milliards de dollars à Cuba, soit 6 % de son PIB.
En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Bruno Rodríguez Parrilla a jugé lors d’un entretien accordé à l’agence, Associated Press (AP) : « ce qui caractérise l’état actuel des relations entre Cuba et les États-Unis, c’est le durcissement brutal du blocus économique et financier et le siège pétrolier total imposé à notre pays, qui équivaut à un blocus naval ».
Washington veut contrôler l’ensemble des Amériques
Lors de son discours, mardi 22 septembre, devant l’Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a directement menacé Cuba. « Le régime communiste est sous forte pression, la plus forte qu’il ait jamais connue (…) Il va tomber », a affirmé le président des États-Unis, ajoutant que Washington menait des négociations avec La Havane : « La liberté arrivera à Cuba ».
En août, Marco Rubio a prévenu que de nouvelles sanctions seraient imposées toutes les deux semaines car l’île représenterait la plus grande menace pour sa sécurité : « le communisme ». Son département a publié le 20 juillet un rapport intitulé « Cuba : la capitale du communisme du XXIe siècle ». Cette volonté s’inscrit dans la nouvelle Stratégie de sécurité nationale, publiée en décembre 2025. Dans ce document, Washington entend contrôler l’ensemble des Amériques, du Nord au Sud, en passant par les Caraïbes car : « Ceci est NOTRE hémisphère ».
À la Fête de l’Humanité, Aleida Guevara March avait insisté sur l’importance de la solidarité internationaliste : « Les gouvernements peuvent courber l’échine, mais les peuples restent à nos côtés. Si nous, les Cubains, nous résistons – et croyez-moi, nous avons la peau dure –, c’est aussi parce que nous savons que nous sommes soutenus à travers le monde. »
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=109362&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
