
Plusieurs manifestations se sont déroulées en Ille-et-Vilaine samedi 26 septembre 2026 pour défendre le climat, après un été caniculaire. À Fougères et Vitré, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue pour faire part de leur crainte sur l’avenir et le manque d’action du gouvernement.
Par Paul GRISOT et Alix DEMAISON-PLACAIS
Le magnifique soleil qui rayonnait ce samedi 26 septembre 2026 en Ille-et-Vilaine avait tout d’un paradoxe en ce jour de mobilisation nationale pour le climat, après un été marqué des chaleurs et une sécheresse historiques. Des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes en Ille et Vilaine, notamment à Fougères et Vitré. Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue pour faire entendre leurs craintes.
Je suis concernée et je pense qu’on l’est tous, lance Virginie, enseignante à Fougères, venue avec sa fille Louise. Il y a une action politique qui est de ne rien faire. On a passé un été affreux et les gens ne se sentent pas concernés. On abat des arbres pour construire des autoroutes, des espèces disparaissent tous les jours. Et ce sont toujours les mêmes qui souffrent, ceux qui ont le moins. Je suis angoissée.
Records de chaleur et pénurie d’eau
Des mots forts qui contrastent avec la mobilisation relativement modeste à Fougères, alors que la ville a franchi pour la première fois cet été la barre des 41 °C. Plusieurs partis et syndicats avaient pourtant battu le rappel. On sort d’un été où 8 000 personnes sont mortes à cause de la chaleur et il y a le problème de la ressource en eau, rappelle Samuel Chevrier, militant Génération(s) (gauche) et signataire de l’appel. Il n’est pas exclu que notre territoire ne connaisse une pénurie, même à Fougères. C’est primordial de porter ce message.
Un peu plus loin, Héloïse est venue avec sa fille Ambre, 7 ans, et une pancarte, Plus de nature, moins d’ordures
. Je suis là car j’ai envie que ma fille continue de vivre dans un pays où il y a de l’eau, explique la jeune maman. Depuis que j’ai son âge, je sais ce qui va se passer. On est en colère et on a peur. L’été qu’on vient de vivre est la goutte de trop, si j’ose dire. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de monde et de familles dans la rue.
« Interpeller les décideurs »
Charlotte, 39 ans, n’a pas hésité à rejoindre le rassemblement, qui s’est tenu place de la gare, à Vitré. Avec sa fille, Sybille, 3 ans. Je ne suis pas une militante
, reconnaît-elle. C’est la deuxième fois que je manifeste. J’ai mis deux enfants au monde sur cette terre et j’ai besoin de continuer à espérer
, confie-t-elle, avec émotion. On entend beaucoup parler du pouvoir d’achat en ce moment. Je dirai qu’on a d’abord besoin de pouvoir vivre, avec une perspective pour nos enfants.
Clara, le même âge, a traversé la frontière entre la Mayenne et l’Ille-et-Vilaine pour manifester. La maraîchère avait besoin d’agir
. Ses légumes ont grillé cet été. Une agriculture avec plus de 4 °C, ce ne sera pas possible
, assure-t-elle. Sa mère, Sylvie, l’accompagne, en soutien
, après avoir beaucoup souffert des chaleurs
.
Comment va-t-on faire demain ?
, demande Cécile, une autre Vitréenne mobilisée. Par sa présence, elle veut rendre visible les inquiétudes et les interrogations.
Comme beaucoup, aujourd’hui, elle entend interpeller les décideurs
. Cet été a permis à certains de se rendre compte que ce qu’ils considéraient comme un problème un peu lointain était en fait une réalité, très concernante, même chez nous, en Bretagne
, estime Jacque Le Letty, à la tête d’une des associations organisatrices, Vitré Tuvalu.
Maintenant, il faut regarder le sujet en face et agir
, implore Charlotte.
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