ENTRETIEN. 200 millions d’euros d’investissement par an dans l’Ouest et 900 recrutements, promet le PDG de Naval Group (OF.fr-9/09/26)

Dans une interview accordée à Ouest-France, le marin et au Télégramme, le PDG de Naval Group Pierre-Éric Pommellet a annoncé les investissements à venir sur ses sites du grand ouest | DAVID ADEMAS / OUEST-FRANCE

À l’occasion du Forum économique breton, le PDG de Naval Group a accordé un entretien à Ouest-France et le marin pour évoquer l’avenir de ce poids lourd français de la défense, très présent dans l’ouest. Naval Group vient de signer son plus gros contrat de ces dernières années à l’international : la construction de quatre frégates de défense et d’intervention pour la marine suédoise, pour un montant de plus de 4 milliards d’euros.

Par Guillaume JORIS (le marin)

Dans une interview accordée à Ouest-France, le marin et au Télégramme, lors du Forum économique breton de Saint-Malo, le PDG de Naval Group Pierre-Éric Pommellet a annoncé les investissements à venir sur ses sites du grand ouest : Cherbourg, Brest, Lorient et Nantes. L’industriel français spécialisé dans le naval de défense a récemment signé un très gros contrat de 4,3 milliards d’euros pour la construction de quatre frégates de défense et d’intervention pour la marine suédoise.

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Le contrat de quatre frégates signé par la Suède est l’un des plus gros remporté par Naval group ces dernières années. Est-ce le retour d’une nouvelle dynamique ?

La première démonstration du contrat suédois, c’est que l’Europe achète européen. En 2019, notre chiffre d’affaires en Europe était de zéro. En 2026 et 2027, on va réaliser plus d’un milliard d’euros avec la Belgique, les Pays-Bas, la Grèce et maintenant la Suède. Et surtout, on voit que les acquisitions de défense s’accélèrent. Le choix de la Suède a été annoncé le 19 mai et le contrat signé le 31 août.

Ce nouveau contrat s’élève à 4,3 milliards d’euros. Quelle répercussion va-t-il avoir sur vos sites en France (et dans l’Ouest) ?

Nous n’avons pas attendu le contrat suédois pour investir et renforcer nos capacités de production. Nous avons atteint en 2025 notre objectif de production de 2 frégates par an, en livrant une frégate à la France et une à la Grèce et on s’apprête à livrer deux nouvelles frégates à la Grèce. Évidemment, le contrat suédois nous encourage à poursuivre ces investissements.

Dans le grand ouest, sur nos sites de Cherbourg, Brest, Lorient et Nantes, c’est près de 200 millions d’euros par an d’investissement dans nos chantiers. À Nantes, nous construisons deux nouveaux bâtiments par an. À Brest, une nouvelle nef va être construite, deux nouvelles nefs à Cherbourg et Lorient va être notamment doté d’un nouvel atelier composite.

En termes de recrutement, toujours dans le grand ouest, on sera autour de 900 recrutements par an, pour accompagner les programmes de nos clients français et européens. La France représente deux tiers des activités de Naval Group.

Quand seront livrées ces frégates ?

La première, qui s’appellera Luleå, sera livrée dès 2030. Donc le programme démarre maintenant ! D’ici 2030, nous aurons livré les quatre frégates grecques ainsi que trois des cinq frégates françaises. Les deux dernières frégates à destination de la Marine nationale, qui ont toujours été prévues après 2030, arriveront donc après les frégates suédoises.

La première frégate de défense et d’intervention Amiral Ronarc’h a été livrée à la Marine il y a plus d’un an, mais elle n’est toujours pas admise au service actif. Quels sont les retours sur ce nouveau modèle ?

Oui et c’est normal, le premier de série doit réaliser énormément de tests dans toutes les configurations possibles. Elle a été extrêmement active puisqu’elle a navigué dans un très grand nombre de mers du globe, et notamment en Suède où elle était présente pour la signature du contrat. Elle a démontré des performances que la marine qualifie « d’excellentes » et son admission au service actif est prévue en début d’année prochaine. Évidemment, la durée entre la mise à l’eau et l’admission au service actif sera réduite pour les prochaines.

Est-ce que vous disposez encore de capacités de production disponibles en France ?

Alors même si j’ai dit que ça s’accélérait, l’industrie navale reste une industrie de temps long. On a le temps de voir quelques années à l’avance comment vont se structurer les besoins, mais oui nous avons toujours la capacité de répondre à des programmes nouveaux que ce soit pour des bâtiments de surface ou des sous-marins. Dès 2030, il y aura des places de disponible pour la construction de nouvelles frégates à Lorient.

L’élection présidentielle de 2027 pourrait-elle avoir un impact négatif sur le développement de votre activité ?

Les lois de programmation militaire – et leur respect – nous ont donné ces dernières années, mais depuis longtemps déjà, une bonne visibilité. Quand on travaille sur un porte-avions nucléaire, le France Libre, ou sur un sous-marin nucléaire lanceur d’engin, c’est cette visibilité qui permet de maintenir notamment la posture de dissuasion de la France.

Nous allons réaliser cette année un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros, en croissance de 3 à 5 %. C’est une croissance raisonnée, qui s’appuie sur deux piliers : le renouvellement des programmes de la Marine nationale, qui représente deux tiers de notre activité et l’international avec des projets européens mais aussi en Inde, en Indonésie, au Brésil.

Est-ce que le calendrier politique joue en votre défaveur à court terme pour répondre à ces appels d’offres internationaux (Argentine, Danemark, Pays-Bas…) ?

Les partenaires internationaux sont un peu comme la France, chez eux aussi ça bouge. Donc ils sont parfaitement conscients du fait qu’en France, il peut y avoir du changement et d’ailleurs notre pays a été plutôt stable comparé à d’autres. On voit aussi que les sujets de défense créent un certain consensus et notamment en Europe sur la nécessité de s’équiper et de se renforcer, donc notre modèle va dépendre de notre capacité à agir. Et pour la France, de notre capacité à dissuader : le Président de la République a lancé un chantier de dissuasion avancée en amenant un certain nombre de pays dans la discussion.

Source : https://www.ouest-france.fr/economie/economie-de-la-mer/naval-group/entretien-200-millions-deuros-dinvestissement-par-an-dans-louest-et-900-recrutements-promet-le-pdg-de-naval-group-5d427fba-ac5e-11f1-8801-66f16947434c

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