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Alors que la direction du BHV a demandé son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de Lyon, une première échéance l’attend déjà à Paris ce 30 octobre, où le tribunal des activités économiques de Paris saisit par l’inspection de travail tiendra une première audience qui décidera du futur du grand magasin. Trois questions à Nicolas Bonnet Oulaldj, adjoint communiste au maire de Paris chargé de l’emploi et de l’insertion.
Entretien réalisé par Scarlett BAIN
Que peut-on attendre l’audience de demain qui doit avoir lieu au Tribunal des activités économiques de Paris ?
Nicolas Bonnet Oulaldj, Adjoint communiste au maire de Paris chargé de l’emploi et de l’insertion
Déjà, il faut signaler que la direction du BHV a tenté de court-circuiter cette audience en annonçant mardi 27 octobre avoir demandé son placement en redressement judiciaire auprès du tribunal de Lyon, ce qui pose question. Une demande à laquelle le tribunal des activités économiques (TAE) de Paris s’est opposé. C’est l’inspection du travail de Paris qui avait saisi la justice au titre de l’article 40 pour des suspicions de cessations de paiements. Des salaires, d’une part, mais aussi des entreprises chargées de la sécurité du bâtiment.
Ce qu’il faut espérer de l’audience de demain, c’est que le tribunal donne la priorité à la sécurisation des emplois, à la protection des salariés et de leurs droits en mandatant un administrateur judiciaire.
Qui est responsables de cette descente aux enfers du BHV ?
Cette situation catastrophique est le résultat d’erreurs de gestion et de choix stratégiques pris par l’ancienne direction. Depuis plus de trois ans les salariés et leurs représentants syndicaux alerter sur un manque de transparence et sur le fait qu’ils voyaient les rayons du magasin se vider un à un.
Puis, les choses se sont précipitées quand Frédéric Merlin, l’ancien directeur, a décidé de faire venir Shein dans ce magasin emblématique du savoir-faire français et qui a constitué historiquement un magasin de proximité où l’on trouvait tout, de l’équipement de bricolage jusqu’au moindre besoin. À ce moment-là, il a tourné le dos à l’histoire du BHV qui n’avait pas d’égal sur le marché parisien.
On connaît la suite de l’histoire, des marques ont décidé une à une de partir, et le magasin se vider chaque jour un plus de ses produits et surtout de ses clients. Actuellement, il reste 700 salariés, 50 % des employés ont démissionné ou ont été licenciés. Là encore, il y a beaucoup de flou autour de ces départs. On pourrait être sur un plan social masqué.
Quelles pourrait être les suites ?
Il faut espérer que le tribunal de Paris acte effectivement un plan de redressement qui protège les salariés et que toute la transparence soit faite sur les choix et la gestion financière de la direction qui a précipité la chute de l’enseigne. Ensuite, si le redressement échoue, nous, les communistes, nous resterons très vigilants quant aux possibles repreneurs qui se présenteront et à leur plan pour l’avenir.
Mais ce qu’il faut aussi avoir à l’esprit, c’est que cette affaire pourrait se finir au pénal, s’il est avéré que la direction du BHV savait que l’entreprise était en état de cessation de paiements pendant 45 jours et n’a pas demandé le placement en redressement judiciaire auparavant. Des sources connaissant le dossier suspectent de « banqueroute frauduleuse ». Une leçon est à retenir selon nous : il faut remettre les salariés au centre des décisions prises dans l’entreprise.
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