
En début de semaine, la préfecture des Hautes-Pyrénées a ordonné à l’entreprise de « régulariser sa situation sur les normes de pièces qui mettent en mouvement les presses servant à forger les corps d’obus ». © Sebastien ORTOLA/REA
La direction générale de l’armement a saisi le procureur de la République contre le groupe Europlasma. Une décision qui fait suite à l’annonce de la préfecture des Hautes-Pyrénées d’une possible mis à l’arrêt du site qui produit des pièces pour les fameux canons Caesar de l’armée française.
Par Scarlett BAIN
De Valdunes, en passant par les Fonderie de Bretagne jusqu’à celles de Tarbes, Europlasma multiplie les scandales et les casses sociales, le groupe qui s’est reconverti dans la reprise d’entreprises en difficulté est connu pour sa gestion financière opaque, et surtout pour les liquidations judiciaires qu’il enchaîne.
Là où le groupe passe la production et les salariés trépassent, sans grands bruits malheureusement, jusqu’à ce que ça touche directement les intérêts de l’armée Française, comme dans le cas des fonderies de Tarbes qui produit des pièces pour ses fameux canons Caesar.
En début de semaine, la préfecture des Hautes-Pyrénées a ordonné à l’entreprise de « régulariser sa situation sur les normes de pièces qui mettent en mouvement les presses servant à forger les corps d’obus » sous peine de mise en arrêt du site selon les informations du quotidien Les échos.
Ni une ni deux, l’administration de la direction générale de l’armement (DGA) a été dépêchée sur le site de Tarbes, mardi 13 octobre, pour examiner l’état des outils de production. Dans la foulée l’armée a saisi la procureure de la République au titre de l’article 40 pour demander une enquête relative à la gestion du groupe.
Puis jeudi 15 octobre, devant les députés, Patrick Pailloux délégué général de la DGA faisait part de ses inquiétudes. « La situation financière de l’entreprise s’est rapidement dégradée cet été. Nous nous interrogeons sur les décisions de gestion qui ont précipité cette dégradation ». Et de préciser que désormais « Europlasma fait l’objet d’un suivi rapproché ».
Des alertes répétées des salariés restées jusque-là lettres mortes
« Il était temps », pourraient dire les salariés qui alertent depuis plusieurs mois sur l’état de l’usine. Des alertes qui sont restées pourtant lettres mortes du côté des armées et qui, pire, ont fait l’objet de procédure-bâillon lancée par le groupe. Ainsi l’ancienne déléguée CGT des Forges de Tarbes, Josiane Frétier, doit comparaître en décembre devant le tribunal parce qu’elle a exprimé ses inquiétudes dans la presse.
Dès 2025, entre le 8 novembre et le 21 décembre, la syndicaliste alertait en effet dans Ouest-France, le Télégramme et le Point. Des entretiens qui ont provoqué l’ire de l’industriel qui lui a reproché d’avoir publiquement critiqué la gestion du groupe et mis en cause ses engagements depuis la reprise des Forges de Tarbes.
Il a donc fallu un an avant que l’Armée prenne au sérieux les salariés et demande l’ouverture d’une enquête qui devrait enfin permettre de faire toute la clarté sur les pratiques du groupe, piloté côté direction par l’ancien banquier Jérôme Garnache-Creuillot.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=110859&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
