
Des centaines de Palestiniens ont assisté, ce mardi 4 août, à des funérailles collectives parmi les plus importantes jamais organisées dans la bande de Gaza. Les dépouilles de 112 victimes, tuées lors d’un bombardement israélien en novembre 2023, étaient restées ensevelies sous les décombres avant d’être extraites au cours des dernières semaines.
Les Palestiniens ont assisté mardi aux funérailles de 112 membres des familles Hassayna et Abu Sharia, tués lors d’une frappe israélienne en 2023 et dont les dépouilles ont été extraites des décombres ces dernières semaines, selon la Défense civile de Gaza. Parmi les victimes figuraient 40 enfants, 38 femmes ainsi que sept personnes en situation de handicap.
300 membres de deux familles tués dans un bombardement israélien
Samedi, la Défense civile palestinienne a annoncé que ses équipes avaient retrouvé les corps de 112 Palestiniens sous les ruines des habitations des familles Hassayna et Abu Sharia, dans le quartier de Sabra, au sud de la ville de Gaza. Près de 300 membres de ces familles auraient été tués lorsque l’armée israélienne a bombardé leurs domiciles au début du génocide, ensevelissant des familles entières qui s’y étaient réfugiées.
Cette opération de récupération figure parmi les plus importantes menées depuis le début de la trêve. Elle a une nouvelle fois révélé l’ampleur des destructions et des massacres visant des familles palestiniennes jusque dans leurs propres habitations.
Les corps ont été extraits après 136 heures de travail minutieux. Certaines dépouilles étaient tellement décomposées qu’elles étaient devenues méconnaissables ; les équipes ont tenté de préserver les éléments permettant leur identification afin que les familles puissent enterrer leurs proches avec un nom et une identité, plutôt que comme de simples numéros.

« Il y a encore des milliers de personnes sous les décombres »
La Défense civile a indiqué que les corps de 157 autres personnes n’avaient pas pu être retrouvés et avaient disparu sans laisser de trace. Parmi les 112 dépouilles récupérées, 44 étaient des enfants issus d’une même famille élargie, selon le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal, qui estime à plus de 8 000 le nombre de corps encore enfouis sous les décombres à Gaza.
« Nos équipes ont travaillé sans interruption pendant dix-sept jours », a expliqué Mohammad Al-Moughaïr, directeur des opérations, avec le soutien de deux excavatrices fournies par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Dans certains cas, des squelettes complets étaient restés intacts, maintenus ensemble uniquement par les vêtements », a-t-il ajouté.
D’autres familles attendent encore de retrouver les corps de leurs proches, a souligné Tayseer Aldahshah, directeur de la Défense civile à Gaza. « Il y a des milliers de personnes sous les décombres et nous avons un gros problème, qui est la ligne jaune où nous ne pouvons pas intervenir. Nous avons besoin de coordination pour que nos équipes puissent travailler là-bas et récupérer ces corps pour les remettre à leur famille », a-t-il expliqué.
68 millions de tonnes de gravats à Gaza
Malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, des frappes israéliennes et des tirs d’artillerie continuent de toucher régulièrement la bande de Gaza. Depuis cette date, au moins 1 252 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la Santé du territoire.
Dans un rapport publié en avril, la Banque mondiale, l’Union européenne et les Nations unies estiment que Gaza compte environ 68 millions de tonnes de gravats issus de bâtiments détruits ou endommagés. L’étude indique également que plus de 60 % des quelque deux millions d’habitants de l’enclave ont perdu leur logement depuis le début du génocide.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=106024&action=edit
Article suivant: Michel Collon : L’Iran est ciblé parce qu’il défend la Palestine (Mizane TV-28/07/26)
Article précédent : Le silence sur Gaza lorsque les gros titres s’estompent (Investig’Action- 6/08/26)
