
Médecins. L’insoumission.fr et Informations ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières.
Ils étaient 20 000, samedi 10 janvier, venus de toute la France, à battre le pavé entre le Panthéon et les Invalides à Paris à l’appel de la totalité des organisations de médecins libéraux.
Ils étaient soutenus par le syndicat FO des médecins hospitaliers ainsi que par le syndicat FO des personnels de la Sécurité sociale, dont le soutien et la présence ont été remarqués. Quelques militants de l’interprofessionnelle étaient également présents. Colère et inquiétude sont partout inscrites sur les pancartes, les banderoles et même les blouses. Au cœur de leurs revendications : la défense de la liberté de prescription, au fondement de la déontologie médicale et de la Sécurité sociale, mais aussi la remise en cause de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) votée en décembre dernier avec la complicité du PS et des Écologistes.
Manuel Bompard et les insoumis leur ont apporté leur total soutien : « Leur mobilisation est juste : oui, contrairement à ce que certains ont essayé de nous faire croire, ce PLFSS va rendre encore plus compliqué l’accès aux soins de toutes et tous. C’est pourquoi les insoumis ont voté contre à l’Assemblée nationale ! ». La parole aux manifestants. Reportage, par nos correspondants sur place.
« Non à la médecine à deux vitesses. »
« Je ne suis pas médecin en grève, je suis gréviste médecin », lance à la rigolade M., praticien généraliste venant du Béarn avec un groupe de confrères. La grève est largement suivie. Un motif que nous entendrons répété : « Avec tous les reculs en personnel et en moyens dans à peu près tous les secteurs du soin (radiologie, kiné, etc.), une fracture, c’est au minimum six mois pour être soignée ! Quinze jours d’arrêt de travail, ça n’a pas de sens, on ne veut pas de sous-traitement pour le patient. Si on doit continuer de prescrire, eh bien c’est notre mission ! »
Deux chirurgiens venant d’Angoulême et de Poitiers : « Non à la médecine à deux vitesses. L’abaissement des tarifs des actes payés par la Sécu étrangle beaucoup de cabinets de radiologie et de labos bio qui se sont équipés. La majorité de la population ne peut faire face aux surcoûts, et beaucoup renoncent aux soins ».
Quant au dossier médical partagé, qu’ils rejettent : « on veut contrôler nos prescriptions. La confidentialité dans la relation médecin-patient est directement mise en cause. Cela ouvre la possibilité aux complémentaires d’individualiser les cotisations à leur gré ».
Pour aller plus loin : « Macron veut détruire la Sécurité sociale ! » – Entretien avec le syndicaliste Frédéric Neau (FO)
°°°
Source: https://linsoumission.fr/2026/01/14/greve-medecins-manifestants/
URL de cet aqrticle: https://lherminerouge.fr/greve-des-medecins-la-parole-aux-manifestants-li-fr-14-01-26/
