Grosse mobilisation à Brest, malgré l’interdiction, la pluie et le vent (OF.fr-24/10/26)

Un premier face-à-face a opposé les manifestants aux forces de l’ordre, rue de Siam. | OUEST FRANCE

Les forces de l’ordre ont procédé à une quinzaine d’interpellations, à Brest (Finistère), en marge de la manifestation interdite. Près de 10 000 personnes avaient bravé l’arrêté préfectoral.

Par Emmanuelle FRANCOIS et Mickaël LOUEDEC

A-t-on déjà connu une manifestation brestoise sous un ciel aussi gris ? Ce sont des trombes d’eau qui se sont abattues sur Brest (Finistère), ce samedi 24 octobre 2026. Ce qui n’a pas empêché la manifestation de faire le plein dans un périmètre pourtant interdit par la préfecture. Au plus fort du rassemblement, ce ne sont pas loin de 10 000 personnes qui se sont massées dans le centre-ville de Brest. 5 000, d’après les services de l’État.

En matinée, des ronds-points du port ont été bloqués. | OUEST FRANCE

De ce point de vue là, la mobilisation est forcément un succès. Réunir autant de monde, sans branle-bas de combat syndical, avec une météo aussi exécrable, est une prouesse.

« Je comprends ceux qui bloquent »

Pour les plus courageux, le rendez-vous était fixé à 6 h au rond-point des Foulques, au port. Un rond-point stratégique car il est le principal point d’entrée et de sortie entre la cité du Ponant et le sud du département. À partir de 6 h 30, quelques dizaines de manifestants ont commencé à bloquer le rond-point, avec des grilles, palettes et éléments trouvés sur place, comme des pots de fleurs, une lourde ancre rouillée ou une petite barque. Le rond-point attenant, celui des Grèbes, était également bloqué. Vers 8 h, ils étaient une cinquantaine.

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Manifestations du 24 octobre 2026 à Brest. | OUEST FRANCE

Dans une atmosphère tranquille, les manifestants demandaient aux voitures de faire demi-tour. Bloqué plusieurs heures au milieu du rond-point avec son camion poids lourd vide, un chauffeur prend le mouvement avec philosophie. Je comprends ceux qui bloquent et je suis avec eux. Mais je leur ai bien dit que les casseurs étaient des imbéciles. Ils étaient d’accord. Deux étudiantes à Brest se sont levées tôt car les ronds points sont des endroits stratégiques. Ça permet de toucher plus de monde que de bloquer la fac. Et de rencontrer des gens de différents horizons.

À 10 h, les policiers ont levé les barrages et les pompiers ont éteint les deux feux de palettes allumés. Les manifestants sont remontés dans le centre-ville par la rampe du Vieux-Bourg, menant à Saint-Marc.

Des manifestants de partout

Mais à dix minutes du départ supposé de la manifestation (14 h), il n’y avait toujours pas un chat sur la place de la Liberté, lieu annoncé du rassemblement, à l’exception de quelques petits groupes de personnes, vite chassées par les forces de l’ordre.

« Batman » a été très remarqué en tête de cortège. | OUEST FRANCE

Dix minutes plus tard, près du BHV, à deux pas de l’hôtel de Ville, 200 à 300 personnes seulement étaient présentes. Leur principale revendication ? Pouvoir, précisément, se rendre sur la place de la Liberté. Il fait sombre au pays des lumières, affiche un manifestant sur une pancarte, en allusion à l’interdiction de manifester.

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Mais avant 14 h 30, le gros du cortège était constitué. Des milliers de personnes, manifestement bien organisées, ont déboulé des quatre coins de la ville. Où étaient-elles cachées ? Dans des rues adjacentes, dans des bistrots ou près de la Maison du Peuple, ont indiqué des manifestants.

Face-à-face et vive discussion entre un manifestant et un gendarme mobile. | OUEST FRANCE

Le cortège a joué au chat et à la souris pendant plus de trois heures, avec des forces de l’ordre venues en nombre. CRS et gendarmes mobiles sont en effet venus prêter main-forte aux policiers brestois. Avec un mot d’ordre : empêcher quiconque de s’approcher de la place de la Liberté, et donc de l’Hôtel de Ville, entièrement barricadé pour l’occasion.

Gaz lacrymogènes

C’est d’ailleurs dans la rue du Dr-Le-Noble, près de la mairie, que les premières tensions ont été ressenties. Aux quelques manifestants qui ont tenté de forcer le barrage, les policiers ont répondu par des jets de gaz lacrymogènes. Des enfants, qui accompagnaient leurs parents, ont été incommodés.

Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes. | OUEST FRANCE

Quelques minutes plus tard, c’est devant le multiplexe Liberté, puis devant le centre des finances publiques, que les heurts ont continué, avec moins de mille manifestants. Les uns jetant des projectiles, comme des pierres, les autres répondant toujours avec des lacrymogènes.

Jet de gaz lacrymogènes, rue de Glasgow. | OUEST FRANCE

Ça s’est terminé avec 500 personnes qui avaient envie d’en découdre, sur Foch, glisse une source proche de la Ville. Ces affrontements ont donné lieu à environ une quinzaine d’interpellations.

Du côté des services de l’État, on se félicite de la qualité du maintien de l’ordre et que ni la mairie, ni les commerces n’ont été pris pour cible par les casseurs. Aucun policier n’a été blessé.

La manifestation s’est terminée avec une quinzaine d’interpellations. | OUEST FRANCE

Source: https://www.ouest-france.fr/societe/manifestation/en-images-grosse-mobilisation-a-brest-malgre-linterdiction-la-pluie-et-le-vent-16d2862e-cfc7-11f1-95ba-26d2045f6620

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