« Il faut que ça change » : des manifestations spontanées ont émaillé la journée du 17 octobre à Lannion (OF.fr-17/10/26)

Après avoir défilé dans les rues, l’après-midi une centaine de personnes ont fait un barrage filtrant au niveau du rond-point de Viarmes. | OUEST-FRANCE

Deux manifestations spontanées ont émaillé cette journée du samedi 17 octobre 2026 à Lannion (Côtes-d’Armor). Des défilés qui se sont déroulés dans une bonne ambiance, mélangeant toutes les générations. Dans les cortèges improvisés, certains avaient ressorti leur gilet jaune, d’autres le sortaient pour la première fois.

Par Virginie GUENNEC

C’était une journée de mobilisation annoncée, mais son suivi était incertain. Ce samedi 17 octobre 2026, les manifestants étaient pourtant au rendez-vous. À Lannion (Côtes-d’Armor), dès 9 h, près de 150 personnes se sont d’abord rassemblées timidement sur le quai d’Aiguillon, avant de rejoindre à pied le rond-point de Bel-Air à Ploulec’h. Un lieu stratégique longtemps occupé lors du mouvement des Gilets jaunes en 2018. Huit ans plus tard, dans le cortège quelques personnes ont enfilé leur chasuble jaune fluo mais elles n’étaient pas nombreuses.

La première manifestation est partie des quais pour rejoindre le rond-point de Bel-Air dès 9 h 30. Ils étaient près de 150 manifestants à l’arrivée. | OUEST-FRANCE

Philippe, 64 ans, lui est un Gilet jaune de la première heure. S’il est revenu ce samedi au rond-point de Bel-Air, c’est pour la même raison que par le passé : le manque de pouvoir d’achat. Il y a un ras-le-bol général. Rien n’a changé. Je suis à la retraite, je gagne 1 200 €, je ne peux pas vivre, confie l’homme. Il pense aussi aux jeunes qui se mobilisent depuis plusieurs semaines. Moi je les soutiens. Le coût de la vie eux aussi le subissent. Ils demandent des moyens pour leurs établissements. En fait, l’argent c’est le cœur du problème, assure-t-il. Il y a huit ans déjà, on parlait de justice fiscale. Le problème c’est la redistribution des richesses, pense un autre ancien Gilet jaune à ses côtés.

Philippe, 64 ans, ancien Gilet jaune estime que les revendications sont les mêmes qu’en 2018, notamment sur le pouvoir d’achat. | OUEST-FRANCE

« Il faut vraiment que ça change »

Parmi les manifestants, toutes les générations sont représentées. Louanne, 13 ans, et son papa Olivier, 50 ans, sont venus manifester ensemble. Il y a le problème de la vie trop chère, mais aussi l’éducation qui va mal. Alphonse, 52 ans, lui a enfilé son gilet jaune pour la première fois. Je ne l’avais pas porté en 2018 mais je les soutenais. Cette fois-ci, je le porte car il faut vraiment que ça change. Et j’espère que tous ceux qui seront en âge d’aller voter iront.

Une cantine a été construite rond-point de Bel-Air, avec distribution de frites à midi. | OUEST-FRANCE
De nombreuses pancartes avaient été préparées, notamment en soutien à la jeunesse. | OUEST-FRANCE

Les jeunes sont venus nombreux également. Comme Maël, 19 ans, étudiant à Brest et Elias, 17 ans, élève à l’IUT. On se sent soutenus. Pour nous, il y a un sentiment d’urgence. On veut en finir avec la politique néolibérale. On ne veut pas juste l’abandon d’une réforme. Là, c’est viscéral, on ne peut plus vivre comme ça.

« On en a marre de payer »

Solène, 48 ans, maman d’un lycéen est justement venue pour soutenir les jeunes. Ils sont en souffrance car ils n’ont plus beaucoup de perspectives, souffle-t-elle. Les manifestants ont occupé toute la journée le rond-point, improvisant même un coin cuisine pour préparer des frites le midi. Mais dans l’après-midi, un autre rassemblement s’est formé dans le centre-ville de Lannion. Un cortège ; avec 400 personnes au plus fort, a défilé le long des quais et place du centre avant d’aller s’installer rond-point de Viarmes.

Près de 400 personnes ont improvisé une manifestation le long des quais dans le centre-ville samedi après-midi. | OUEST-FRANCE

On en a marre de payer. On travaille, on paye et c’est tout. On ne vit plus. Moi je bosse 39 heures, je n’ai plus les moyens de me payer le moindre loisir, souffle Sarah, 52 ans, une pancarte dans les mains. La circulation a été ralentie mais pas totalement bloquée. En face, beaucoup d’automobilistes klaxonnaient pour soutenir le mouvement.

Après avoir défilé dans les rues, une centaine de personnes ont fait un barrage filtrant au niveau du rond-point de Viarmes. | OUEST-FRANCE
« On a marre de payer », souffle Sarah qui a enfilé le gilet jaune pour la première fois ce samedi. | OUEST-FRANCE

L’État donne des moyens pour la répression mais rien pour les services publics. Ça fait trop longtemps qu’on tire la sonnette d’alarme, s’agace Orlane, 28 ans, assistante de vie familiale, venue grossir le cortège. Le gouvernement est hors sol. Il est où le ruissellement ?, s’interroge aussi Hervé venu manifester en famille. Lui aussi a enfilé pour la première fois son gilet jaune.

Le mouvement va-t-il perdurer comme en 2018 ? C’est la question que beaucoup se posent. Une assemblée générale a permis aux manifestants de débriefer. Ils se donnent d’ores et déjà rendez-vous ce dimanche à 10 h sur le quai d’Aiguillon.

Source: https://www.ouest-france.fr/societe/manifestation/en-images-il-faut-que-ca-change-des-manifestations-spontanees-ont-emaille-la-journee-du-17-octobre-a-lannion-f4a7d228-ca1e-11f1-ad87-e24a1a2986e9

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