« Ils ont besoin d’être soutenus » : à Brest, pourquoi ces adultes rejoignent les lycéens dans les blocages et manifs ? (OF.fr-2/10/26)

Des membres du personnel du lycée Jules-Lesven à Brest (Finistère) observent les policiers faisant face à leurs élèves qui bloquent l’établissement, jeudi 1er octobre 2026. | OUEST-FRANCE

Parents d’élèves, professeurs, syndicalistes… Ils sont plusieurs dizaines d’adultes, à Brest (Finistère), à avoir rejoint les adolescents, jeudi 1er octobre 2026, sur les blocages ou dans la manifestation. Leur principal objectif : accompagner ces mineurs dans leur première mobilisation, pour éviter qu’ils ne soient en danger.

Par Angellina THIEBLEMONT

À 10 h 30, près du campus de Kérichen à Brest (Finistère), les gaz lacrymogènes provoquent des mouvements de panique. Penche ta tête, indique une femme à un lycéen. Repérable à sa chasuble CGT rouge, elle verse des gouttes de sérum physiologique dans les yeux de l’adolescent qui grimace de douleur.

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Un autre adolescent, sous le choc, vient faire désinfecter sa main égratignée par une chute, alors qu’il fuyait les gaz lacrymogènes.  Utiliser la force contre des lycéens, c’est rajouter de la violence. Ils ont des revendications et ont le sentiment de ne pas pouvoir s’exprimer. C’est dommage dans une démocratie , ironise Fabienne Bodin, secrétaire générale de l’union locale CGT Brest.

« Cours dans des préfabriqués »

Ils sont des dizaines d’adultes à être mobilisés aux côtés des lycéens, ce jeudi 1er octobre 2026, sur les blocages et dans la manifestation. Quand on accueille les familles pour présenter la classe prépa, on fait attention pour ne pas qu’ils aient l’impression que l’établissement où vont étudier leurs enfants est vétuste, alors que c’est le cas, regrette un professeur de classe préparatoire du lycée La Pérouse-Kérichen.

Sa description rejoint celles des élèves qui bloquent le lycée. Ils réclament, entre autres, des locaux en meilleur état. L’enseignant décrit aussi des seaux dans le bâtiment pour récupérer l’eau qui traverse le plafond, et de nombreux élèves qui ont cours dans des préfabriqués mal isolés depuis des années.

Maintenir le calme

Depuis 7 h 30, Benjamin et Florence veillent sur le blocus du lycée de l’Amiral Ronarc’h. Les deux parents d’élèves se sont donné rendez-vous après un message très anxiogène envoyé par le proviseur la veille.  Il parlait de faire intervenir les forces de l’ordre, donc on a préféré s’organiser pour prévenir , explique Benjamin, 46 ans.

Ce matin, ils sont là pour soutenir la mobilisation des lycéens, et rappeler le mot d’ordre, qui est le calme. Tous deux surveillent la centaine d’adolescents et interviennent à plusieurs reprises : Les jeunes sont assez tranquilles, même les agitateurs. On a dialogué avec eux cinq minutes et ils ont lâché les poubelles.

Benjamin s’interroge sur l’absence d’élus et de personnels de l’administration, les jeunes sont seuls dans la rue, il n’y a personne pour entendre leur parole », et r egrette un cercle vicieux : ils nous disent que s’ils ne cassent pas, personne ne les entend…

Le professeur de classe préparatoire s’étonne : Je suis surpris qu’il n’y ait pas beaucoup plus d’adultes avec eux aujourd’hui, des familles, des travailleurs, des profs… Ils ont besoin d’être soutenus.

Source: https://www.ouest-france.fr/education/ils-ont-besoin-detre-soutenus-a-brest-pourquoi-ces-adultes-rejoignent-les-lyceens-dans-les-blocages-et-manifs-dd52e784-bd9e-11f1-81a4-4fea3020cab7

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