
Cœur biologique d’une station d’épuration, les deux bassins d’aération du site de la zone portuaire font l’objet, tous les dix ans, d’une opération de maintenance d’ampleur. Objectif : remplacer plus de 2000 disques, sans lesquels la dépollution des eaux usées de Brest et d’une partie de sa métropole ne serait pas possible.
Par Delphine VAN HAUWAERT
Ce sont des disques d’une vingtaine de centimètres de diamètre seulement, mais, ils ont un superpouvoir : celui de dépolluer les eaux usées de la région brestoise. Ces aérateurs, ou diffuseurs d’air, sont au cœur d’une opération de maintenance de grande ampleur, à la station d’épuration de la zone portuaire de Brest : d’une durée d’un mois environ, elle mobilise une vingtaine de personnes de plusieurs entreprises, pour un coût de 150 000 €.
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Cette station d’épuration, la deuxième plus importante du Finistère, traite, chaque jour, environ 36 000 m³ d’eaux usées (une moyenne annuelle), ce qui équivaut à quelque 160 000 habitants. Des eaux usées provenant des foyers de particuliers comme des entreprises de la rive gauche de Brest, de Gouesnou, Guipavas et Le Relecq-Kerhuon, auxquelles s’ajoutent les eaux pluviales du centre-ville de Brest, qui dispose de réseaux dits unitaires.
Précieuses bactéries
Depuis plus de 50 ans, ces eaux arrivent à la station d’épuration du port, pour subir plusieurs étapes de nettoyage, avant d’être rejetées dans la rade de Brest, au niveau du 1er bassin. Il y a d’abord le dégrillage, c’est-à-dire le passage de l’eau par une grille pour ôter les macrodéchets, énumère Lauriane Dagorn, responsable du contrat pour Suez, exploitant de la station pour le compte d’Eau du Ponant. Puis c’est le dessablage et le déshuilage, pour le sable et la graisse ; l’aération, pour dépolluer ; et enfin la clarification, pour extraire les boues.
L’aération est l’étape la plus importante de ce parcours, puisqu’elle permet de supprimer l’azote, le carbone et le phosphore. Comment ? En dégradant cette pollution au moyen de flore bactérienne, cultivée dans des réacteurs biologiques
, explique Damien Verdeau, responsable des installations d’Eau du Ponant. À la station, ces réacteurs prennent la forme de deux bassins séparés d’environ 18 000 m3 chacun. Certains de ces micro-organismes ont besoin d’oxygène pour vivre et dégrader la pollution, et d’autres non. D’où, dans ces bassins, une alternance de cycles d’aération et d’arrêt de l’aération.
Et si on recyclait l’eau aussi ?
Lors des phases d’aération, de l’air surpressé est injecté au moyen de disques poreux, des membranes percées de micro-orifices, comme des diffuseurs d’aquarium
, image Damien Verdeau. Pour maintenir leur qualité d’aération, et donc les performances du traitement biologique, mais aussi pour réduire leur consommation énergétique, il est nécessaire de remplacer ces disques tous les dix ans. Pas une mince affaire, quand on sait qu’ils sont au nombre de 2 112 !
Une grue a été nécessaire pour ôter les six raquettes sur lesquelles ces membranes sont installées, en fond de bassin. Il a également fallu vider ce dernier, pour concentrer les opérations d’aération sur un unique bassin, qui fera l’objet d’une opération de maintenance identique l’année prochaine.
Ce chantier, pensé plusieurs mois en amont, est l’un des plus importants à la station d’épuration, mais les sujets de réflexion ne manquent pas sur place. Deux études sont en cours, l’une portant sur le devenir des boues, ces sédiments surtout constitués de matière organique, et l’autre, sur l’eau rejetée en mer. Actuellement transformées en compost, les boues ont aussi un potentiel énergétique, grâce notamment à la méthanisation. Quant à l’eau, elle pourrait servir, à l’activité industrielle locale, pour le nettoyage et le refroidissement, ou encore à l’arrosage d’espaces verts.
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