
Alors que le préfet dénonce « l’irresponsabilité » des organisateurs et promet de rester « jusqu’au dernier départ », la rave party de Forges-de-Lanouée (56) se poursuit. Le Télégramme s’est rendu au cœur du rassemblement.
Par Romain MARZEILLIERE
Les basses résonnent depuis plusieurs kilomètres avant même d’arriver à la forêt des Forges-de-Lanouée. Sous plus de 37 °C, des dizaines de jeunes marchent encore vers le site, en ce dimanche 12 juillet. Trois jours après le début de cette rave party illégale, la fête continue. Damien, venu de Dinan (22), est reparti avec une amende de 135 euros. Les chiffres de fréquentation, eux, ne font pas consensus. Le préfet du Morbihan, Mickaël Galy, avance entre 1 700 et 1 800 personnes. Malo, porte-parole des organisateurs de la rave-party, conteste ce décompte : « Il y a beaucoup plus de monde que cela. Ils comptent les voitures, pas les personnes. » Lui parle de plus de 2 000 participants et revendique 25 à 26 sound systems réunis sur le même site.
« Ripost », la loi qui menace le mouvement raves-party
Cerassemblement se tient alors que le Sénat vient d’adopter, fin mai, la proposition de loi « Ripost ». Le texte, désormais à l’étude à l’Assemblée, ferait passer l’organisation d’une free party d’une simple contravention à un délit puni de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.
Le préfet dénonce « l’irresponsabilité, l’inconséquence et l’égoïsme des organisateurs » dans un département placé en vigilance rouge canicule depuis plusieurs jours. Il a envisagé une évacuation par la force, avant d’y renoncer : « Les évacuations par la force publique ont été envisagées mais n’ont pas été retenues, car elles auraient fait courir un risque d’incendie beaucoup trop important. »
Le préfet promet de rester jusqu’au dernier départ
Selon la préfecture, plusieurs centaines de gendarmes sont mobilisés depuis le début du week-end et ont déjà dressé plus de 400 verbalisations. Selon Malo, le dispositif de gendarmerie pousse certains festivaliers à emprunter des chemins parallèles pour l’éviter et « c’est là qu’ils prennent des risques », prévient-il. Le préfet ne s’arrête pas aux amendes individuelles. Il a annoncé, dimanche soir, une saisie du matériel présent sur le site : sonos, groupes électrogènes, véhicules… « Je sais qu’ils comptent sur la durée mais nous resterons mobilisés jusqu’au dernier départ », a prévenu le préfet. Les pompiers, eux, restent sceptiques face aux moyens de prévention mis en avant par les organisateurs : « Un feu de forêt ne s’éteint pas avec des extincteurs ! »
135 €, le prix d’une amende… ou de la rave-party
Sur le terrain, la Croix-Rouge encaisse la chaleur avec huit secouristes bénévoles mobilisés en permanence. « On intervient surtout pour des malaises », explique Maxime, chef d’équipe. Une seule personne a dû être évacuée. Louis, venu de Lyon, n’a pas ces états d’âme. « L’ambiance est incroyable. Même avec 135 euros d’amende, ça revient toujours moins cher qu’un festival », sourit-il. Pour Malo, la question dépasse ce week-end : « On a peut-être vécu l’une des dernières grosses teufs avant que tout change. » Selon les organisateurs, la rave-party devrait se terminer ce mardi 14 juillet.
