« J’ai déjà été refoulé » : dans la file de ce restaurant universitaire, les jeunes ne sont pas sûrs de pouvoir manger (OF.fr-3/11/26)

La file d’attente s’allonge le midi devant le restaurant universitaire du centre-ville, à proximité de l’Enssat. Les derniers ne sont pas sûrs d’être acceptés à cause d’une jauge limitée. | OUEST-FRANCE

Les étudiants ont retrouvé le chemin du restaurant universitaire, ce lundi 2 novembre 2026 à midi, sans savoir s’ils pourraient y manger. C’est l’un des points de tensions chez les étudiants de Lannion (Côtes-d’Armor), notamment depuis la généralisation du repas à 1 €.

Par Virginie GUENNEC

Il est à peine 12 h 30 quand les étudiants arrivent en nombre devant le restaurant universitaire Trégor, à proximité de l’école d’ingénieur Enssat (école nationale supérieure des sciences appliquées et de technologie). En quelques minutes, la file d’attente s’étire jusqu’au bout du parking. Certains jeunes renoncent quand ils voient la queue. Un groupe d’étudiants au milieu de la file s’inquiète. Là, c’est limite. On n’est pas sûr de passer. Si on nous dit qu’il n’y a plus de place, j’irai manger chez moi, explique l’un d’eux. Mais son camarade, lui, habite trop loin et n’aura d’autre choix que d’acheter un sandwich. Le jeune boursier assure n’avoir pu manger au restaurant universitaire, rue de Langonaval, que dix fois depuis la rentrée.

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Une offre sous-dimensionnée

Depuis la généralisation du repas à 1 €, il y a beaucoup de monde et c’est normal. Maintenant, il y a des élèves de l’Ifsi (1) qui viennent et même certains étudiants de l’IUT qui habitent dans le centre, observe Mahé, étudiant de 23 ans.

À cet engouement, s’ajoute le manque de place depuis que l’étage a fermé en 2024, pour des raisons de sécurité d’après le Crous. Pour les jeunes, le repas à 1 € n’est pas garanti. D’autant que la jauge est limitée à 180 repas servis pour 480 élèves inscrits à l’Enssat. Même chose à l’IUT : seuls 700 repas sont servis pour 1 000 élèves inscrits.

Des fois, dès 12 h 35, c’est complet, insiste Camille, lui aussi étudiant. Les jeunes ne comprennent pas ce manque de moyens et de place. C’est inadmissible, il y a des salles qui sont vides et qui pourraient être utilisées, estime Guilhem, 22 ans, qui montre une pièce abandonnée. J’ai déjà été refoulé plusieurs fois. Quand on ne peut pas manger au RU, on va à la boulangerie, mais ça coûte plus cher. Certains ne peuvent pas se le permettre.

« Maintenant, il faut que ça change »

Les premiers à sortir du restaurant, eux, sont soulagés d’avoir pu manger à leur faim et dans les temps. Certains profs nous laissent partir plus tôt pour qu’on puisse passer, admet Mahé. Lui fait partie des jeunes qui se sont mobilisés ces dernières semaines. Les étudiants ont notamment bloqué leur établissement, mais aussi les bureaux de l’Agglo. Il ne sait pas encore si la mobilisation va perdurer. On a été reçus par la sous-préfète. Ça montre qu’on est entendus, mais maintenant, il faut que ça change. Le but, ce n’est pas de bloquer pour bloquer. Moi, je suis alternant donc quand je fais grève, je n’ai plus de salaire.

Parmi les revendications, il y a aussi le repas du soir, qui n’est plus servi depuis plusieurs années ni au resto U de l’IUT, ni à celui de l’Enssat. Une convention a bien été signée avec le lycée Bossuet, mais elle ne concerne que les élèves de l’Enssat. Elle leur permet de manger le soir pour 1 € au sein de l’établissement privé. Une solution sous-utilisée d’après le Crous. Nous avons une quarantaine d’étudiants qui viennent, en plus de nos 80 internes. On pourrait aller jusqu’à 150 repas servis confirme la directrice de l’établissement, Valérie Raveneau. Mais c’est tout. Et le midi, c’est impossible, tranche la cheffe d’établissement. Certains jeunes interrogés n’avaient pas connaissance de cette solution, d’autres y renoncent faute de transport en commun le soir.

1. L’Ifsi, l’institut de formation en soins infirmiers, était le nom de l’école d’infirmiers jusqu’à… 2022. Depuis, elle s’appelle l’IFPS, l’institut de formation des professionels de santé.

Source: https://www.ouest-france.fr/education/etudiant/jai-deja-ete-refoule-a-lannion-dans-la-file-du-resto-u-les-jeunes-ne-sont-meme-plus-surs-de-pouvoir-manger-03a8e096-d6cc-11f1-84f3-5611f158a658

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