
À Elliant, près de Quimper, Loïc Bernard espère sauver sa saison sans compter sur les aides annoncées ce vendredi par le gouvernement pour compenser la sécheresse de l’été.
Par Angeline DEMUYNCK
Dans les serres surchauffées de Loïc Bernard, l’été n’a pas été serein. Le maraîcher bio d’Elliant, près de Quimper, a subi de plein fouet le manque d’eau et les canicules à répétition de cet été hors norme en Bretagne. Dans ses serres, « les tomates donnent moins, les fruits sont moins beaux« , constate l’agriculteur. Même chose dans ses champs brûlés par le soleil. « Sur certains semis, les graines n’ont pas germé. Il y a aussi des plants qui ont carrément grillé dans le champ et après ce sont des plants que je n’ai même pas plantés parce que ça servait à rien« , détaille le paysan.
Choux, carottes, betteraves, toutes ses plantations n’ont pas survécu à la chaleur. Loïc Bernard anticipe donc des manques à venir sur certaines productions cet automne. Sans compter d’autres effets secondaires potentiels : « Aussi bien les courges qu’on va ramasser bientôt, le fait de la chaleur, ça va les faire pourrir beaucoup plus rapidement pendant la période de conservation. Mais ça, on ne peut pas le savoir à l’avance« , estime-t-il.
Hors des clous
Impossible à l’heure qu’il est pour l’agriculteur d’estimer ses pertes. Mais une chose est sûre, il ne compte pas sur les aides annoncées ce vendredi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, dont une enveloppe de plus d’un milliard d’euros pour « soutenir les trésoreries« , « éviter les faillites » et « relancer la production« . « Des petites fermes comme les nôtres, on est un peu hors des clous. Moi je ne demande pas les primes PAC, je ne demande pas d’aides, à part les crédits d’impôt pour l’agriculture biologique. Donc moi je n’attends rien de l’État » explique le producteur.
Conscient de la fragilité de sa trésorerie, Loïc Bernard a anticipé sur la fin d’année : « J’ai fait des choses que je ne faisais pas avant, des semis très tardifs sur des variétés que je connais, mais que j’avais mises de côté jusque-là. » Des variétés de choux plus tardifs par exemple, ou des espèces qui poussent plus rapidement en serre. « Faire des choses qui permettent d’avoir sur l’étal quelques produits supplémentaires« , conclut-il.
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