
Victime d’injures racistes depuis son sacre au concours national de la meilleure galette de blé noir, Joëlle Dambo a reçu le soutien de plus de 300 personnes, dimanche 19 juillet, devant sa crêperie à Gomené (Côtes-d’Armor). Lors d’un rassemblement marqué par l’émotion, la commerçante a dénoncé le racisme et a appelé à l’unité.
Par Ilan THUEL
Il est 14 h 30, ce dimanche 19 juillet, devant la crêperie Le Bar des légendes, à Gomené, près de Loudéac (Côtes-d’Armor). Plus de trois cents personnes sont groupées devant l’entrée de l’établissement. Joëlle Dambo, victime d’injures racistes depuis son sacre au concours national de la meilleure galette de blé noir, arrive devant la foule sur des notes de musique bretonne.
Applaudie, elle prend le micro et remercie les personnes mobilisées. Ça m’a fait chaud au cœur
, confie la crêpière à Ouest-France.
« Ces attaques ne m’ont pas seulement visée »
Devant elle, quelques affiches de soutien : Le blé est noir, pourquoi pas la crêpière ?
. Derrière la foule, des drapeaux bretons flottent. Voilà cinq semaines que je subis des propos haineux, nauséabonds. Il faut dire stop au racisme
, déclare Joëlle Dambo lors de son discours de cinq minutes. Ces attaques n’ont pas seulement cherché à me blesser. Elles ont attaqué ce que nous sommes, nous les Bretons : un peuple fier, solidaire et uni
, poursuit la cheffe de l’établissement, âgée de 51 ans.
Elle affirme qu’elle continuera à se battre avant de conclure : Je ne suis pas un singe, je suis Joëlle, la crêpière de Gomené.
Anicette Jacopin, habitante du village de 550 habitants, s’empare ensuite du micro pour dénoncer les actes haineux, quels qu’ils soient, et conclut : J’ai honte. Pour Joëlle, pour nous, pour Gomené.
Une militante prononce un dernier discours pour dénoncer la montée du racisme dans la société
.
Les élues municipales écartées de la prise de parole
Murielle Lepvraud, députée dans les Côtes-d’Armor, et Paul Molac, député du Morbihan, ainsi que deux élues de la commune, étaient présents au rassemblement. Les élues municipales ont souhaité prendre la parole. On voulait dire qu’on était désolés de ce qu’elle avait vécu
, confie Françoise Bouckaert.
Joëlle Dambo a refusé sa prise de parole. Je leur ai fait savoir que le conseil municipal avait eu tout le loisir de s’exprimer avant
, livre-t-elle à Ouest-France. Pour autant, la commerçante se dit ouverte à la discussion.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=104839&action=edit
