
Le Finistère est en vigilance orange canicule depuis mardi 7 juillet 2026. À Quimper (Finistère), l’agriculteur Christian Le Cœur modifie son organisation de travail, adapte ses cultures, son exploitation et son élevage de bovins aux fortes chaleurs.
Par Melissa BRETON
Quinze hectares d’exploitation et 1 000 m² de cultures à tempérer en ces fortes chaleurs, c’est le défi de l’agriculteur Christian Le Cœur. Il élève douze bovins, fait croître du blé et des plantes fourragères à Quimper (Finistère).
L’agriculteur s’adapte aux vagues caniculaires de ce début d’été 2026, qui provoquent un manque criant d’eau dans ses sols : Les plantes fourragères comme les trèfles, le colza et la moutarde blanche sont d’excellents couverts végétaux pour mes cultures de blé. Elles me permettent de maintenir une certaine humidité et d’aérer les terres.
Observer le milieu naturel
Afin d’éviter des pertes trop importantes lors de la moisson, il privilégie l’observation du milieu naturel et l’agronomie.
Son objectif est d’avoir une biodiversité la plus riche possible, pour le bien-être animal, pour ses cultures et pour lui-même. La présence d’arbres apporte de l’ombre et de la fraîcheur. C’est essentiel pour la pousse des herbes que vont pâturer les bovins. Ils observent et s’orientent instinctivement vers les zones les plus fraîches. Le tout, sur une surface de 5 000 m² qui leur est dédiée.
Quant aux petits veaux, ils passent leur matinée au sein d’un périmètre restreint avec des températures grimpant jusqu’à 35 °C. Le soir, les animaux sont heureux et courent au galop
lors de leur déplacement dans un pré. En effet, le mercure chute – pour l’instant – de 20 °C, ce qui leur permet de brouter l’herbe tout en profitant de la fraîcheur nocturne.
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L’exploitant agricole voudrait aussi planter plus de pommiers dans les prairies des grandes vallées, toujours afin que son élevage bovin s’adapte mieux au mercure montant en flèche, chaque été.
« Je morcelle le travail »
Travaillant la majorité de son temps tout seul, Christian Le Cœur s’accorde régulièrement des pauses de 15 minutes lorsqu’il réalise des tâches physiques complexes. Je morcelle le travail. Pour le déplacement d’une tonne de blé, je vais transporter des seaux de 10 kg. Je suis satisfait dans ces conditions climatiques d’avoir acheminé 250 kg de blé en une matinée, par exemple.
Sa journée de travail débute à 6 h 30 du matin pour finir à plus de 21 h. Lors des pics de chaleur, il réaménage son emploi du temps. J’évite de me rendre dans les champs de blé exposés au soleil entre 14 h et 17 h. Je réalise plutôt des travaux à l’ombre comme l’entretien de bâtiments agricoles ou la comptabilité.
C’est du bon sens selon lui.« Je travaille comme un agriculteur espagnol d’il y a 30 ans »,
compare Christian Le Cœur.
Face à un réchauffement climatique qui atteint +1,24 °C à l’échelle mondiale, par rapport à l’ère préindustrielle(1), les périodes estivales sont plus chaudes et sèches. Y compris à Quimper, où le climat est devenu similaire aux côtes Est et Sud de l’Espagne.
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