« J’en ai rien à foutre, j’étais pas né » : après les déclarations de David Lisnard sur le 17 octobre 1961, 61 maires demandent sa démission (H.fr-21/10/26)

« C’est très grave, c’est dramatique, mais c’était en 61 », a ensuite maladroitement nuancé David Lisnard, sentant que le mal était fait, et que sa stature espérée d’un homme d’État, au-dessus de la mêlée, s’effondrait.© Thibaud MORITZ / AFP

S’inquiétant de la présence de drapeaux algériens lors des rassemblements du 17 octobre 2026, le candidat de la droite libérale à la présidentielle David Lisnard a négligé que la date coïncidait avec la commémoration des massacres d’Algériens à Paris en 1961. Gênant, quand on veut incarner la stature d’un chef d’État. Mardi 20 octobre, 61 édiles, à l’initiative de celui de Stains Azzédine Taïbi, demandent sa démission de laprésidence de l’Association des maires de France, à défaut d’excuses publiques.

Par Lionel VENTURINI

Il s’est passé quelque chose mais pas ce que David Lisnard espérait ; sur le plateau de LCI lundi soir, le candidat de la droite libérale à la présidentielle s’est indigné de voir des drapeaux algériens dans les cortèges parisiens du samedi 17 octobre 2026.

« Vous avez parlé des drapeaux algériens, et demandé ce qu’ils faisaient là. Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qu’il s’est passé le 17 octobre 1961 ? », l’a alors interrogé une étudiante et créatrice de contenus, Lola-Fleur Whittaker.

« J’ai des potes algériens »

Réponse de celui qui brigue la fonction suprême : « Non mais je m’en fous madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né, depuis il y a eu l’indépendance de l’Algérie », s’est emporté le candidat Nouvelle Énergie. Convoquant ensuite l’argument du : « J’ai des potes algériens, heureusement mes potes d’origine algérienne ils ont bien compris qu’on était passé à autre chose. ».

Sauf que le devoir de mémoire est un des attributs politiques dévolus à un chef d’État. En 2024, le président de la République Emmanuel Macron avait ainsi rendu hommage à ces Algériens, parlant de « faits inexcusables pour la République ».

La même année l’Assemblée nationale avait approuvé une proposition de résolution condamnant le « massacre » du 17 octobre 1961 à Paris. « C’est très grave, c’est dramatique, mais c’était en 61 », a ensuite nuancé David Lisnard, sentant que le mal était fait, et que sa stature espérée d’un homme d’État, au-dessus de la mêlée, s’effondrait en quelques phrases immatures.

« Ces paroles sont indignes », fustige dans une lettre ouverte Azzédine Taïbi, maire de Stains. « Indignes d’un maire de la République, indignes du président de l’Association des maires de France, indignes d’un responsable politique qui aspire à exercer demain les plus hautes responsabilités de notre pays », continue l’édile dans cette lettre, signée par 61 maires dont Emmanuel Grégoire, maire de Paris, Bernard Baudoux, maire d’Aulnoye-Aymeries, Philippe Rio, maire de Grigny, Mélissa Youssouf, maire de Villepinte, ou encore Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis.

« Je vous demande solennellement de retirer vos propos, de présenter des excuses publiques aux familles des victimes et de réaffirmer sans ambiguïté votre attachement au devoir de mémoire et à l’égale dignité de toutes les victimes », écrit ensuite Azzédine Taïbi. « Sans quoi vous ne pourriez rester Président de l’AMF et je demande publiquement votre démission », conclut le maire de Stains.

Source: https://www.humanite.fr/politique/17-octobre-1961/jen-ai-rien-a-foutre-jetais-pas-ne-david-lisnard-sagace-apres-avoir-ete-interroge-sur-le-massacre-des-algeriens-du-17-octobre-1961

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