
© Eric Tschaen /REA
Les principaux partis non-indépendantistes de Kanaky-Nouvelle-Calédonie et le mouvement centriste L’Éveil océanien ont présenté jeudi 9 juillet un accord de gouvernance ouvrant la voie à une nouvelle majorité au Congrès, avec l’élection de Virginie Ruffenach à sa présidence vendredi puis de Milakulo Tukumuli à la tête du gouvernement à la fin du mois
Par Théo BOURRIEAU
Vers une victoire des non-indépendantistes en Kanaky-Nouvelle-Calédonie ? Lors des élections provinciales du 28 juin, les Calédoniens ont élu les représentants aux assemblées des trois provinces, Sud, Nord et îles Loyauté, qui ont à leur tour élu les 54 membres du Congrès, l’assemblée locale. Les indépendantistes ont obtenu 26 sièges, tandis que les indépendantistes en ont remporté 24. Le mouvement centriste L’Éveil océanien est présent lui sur quatre sièges.
Aucun des deux principaux blocs n’avait donc de majorité, plaçant le parti de défense des intérêts de la communauté wallisienne et futunienne dans une position de charnière : ses quatre sièges faisaient automatiquement pencher la balance vers l’un des deux blocs. Les centristes ont fait leur choix : rejoindre Les Loyalistes et Le Rassemblement du bloc anti-indépendantiste, leur donner la majorité et donc la possibilité de former un gouvernement à leur avantage, dans la mesure où ce dernier est collégial : les ministres sont issus des groupes représentés au Congrès.
Le repoussoir Sonia Backès n’a pas suffi
Le texte a été présenté par Sonia Backès (Les Républicains calédoniens), Virginie Ruffenach (Le Rassemblement), Nicolas Metzdorf (Générations NC), Gil Brial (Mouvement populaire calédonien) et Milakulo Tukumuli (L’Éveil océanien) lors d’une conférence de presse organisée au Congrès de la Kanaky-Nouvelle-Calédonie. Au gouvernement, quatre membres reviendront aux Loyalistes, un au Rassemblement et la présidence à L’Éveil océanien, selon les responsables de la coalition. Conformément à l’accord de gouvernance, Virginie Ruffenach a été élue vendredi 10 juillet à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
L’accord, présenté pour la mandature 2026-2031, prévoit de mettre entre parenthèses les divergences sur l’avenir institutionnel afin de concentrer l’action de la majorité sur quatre priorités : reconstruire le modèle économique et social calédonien, donner un avenir à la jeunesse, retisser la cohésion calédonienne et transformer la manière de gouverner.
Pourtant, la radicalité de Sonia Backès sur les questions d’indépendances, ses positions très droitières en matière de sécurité, et sa proximité avec l’extrême droite aurait pu faire figure de repoussoir pour les centristes. Un « barrage à la droite » avait même été évoqué par le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) et l’Éveil océanien.
Après le rejet du texte issu du processus de Bougival, auquel était opposé le FLNKS, le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait annoncé une reprise du dialogue sur l’avenir institutionnel. Il va maintenant pouvoir s’appuyer encore d’avantage sur la droite calédonienne, comme le gouvernement le fait depuis cinq ans.
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