
La Bulgarie est entrée au 1er janvier 2026 dans la zone euro. Etant donné que la monnaie nationale (le lev) était « accrochée » à l’euro, dans un premier temps, il est permis de penser que le pas franchi n’aura pas des conséquences importantes immédiates.
Pour autant, afin d’entrer dans la zone euro, la Bulgarie a dû remplir les fameux critères de Maastricht (déficit public inférieur à 3% du PIB, dettes publiques à 60% du PIB). Soit dit en passant, d’éminents pays membres de cette zone, dont le notre, ne respectent plus ces fameux critères depuis longtemps. Bien évidemment, pour satisfaire aux critères imposés par l’Union Européenne pour rejoindre l’euro, les différents gouvernements bulgares ont mené des politiques économiques à même de comprimer les dépenses publiques dans un pays pauvre et d’émigration (dont beaucoup de travailleurs qualifiés). Les tensions politiques et sociales, que traverse la Bulgarie et qui viennent d’avoir raison de son dernier gouvernement en le poussant à la démission, semble bien être à mettre au compte des « bienfaits » de l’euro.
Le différentiel économique entre la Bulgarie et son premier partenaire commercial l’Allemagne est de toute évidence un handicap majeur pour le développement de l’économie bulgare, si cela a été l’objectif de l’intégration de la Bulgarie dans la zone euro. Ce qui n’est pas le cas, la Bulgarie dont l’industrie a été rasée du paysage étant devenue une destination touristique, une source de main d’œuvre qualifiée peu exigeante et une position stratégique pour l’impérialisme occidental face à la Russie.
Pour comparer des choses comparables, la productivité en Allemagne est 2,5 plus élevée qu’en Bulgarie dont les services constituent 70% du PIB. Du côté industriel, le tableau est tout autant contrasté avec une productivité allemande de 3 à 5 fois plus élevée (à ce niveau la précision n’est pas d’une grande importance).
Avec l’euro (ou un lev ancré à l’euro), l’économie bulgare s’interdit de rajuster ses coûts de production par une dévaluation de sa monnaie pour compenser l’écart. Elle est donc en position de faiblesse et complètement dépendante des stratégies industrielles et commerciales du capital allemand.
Bref, si l’euro va simplifier la vie des touristes, d’ailleurs le tourisme est le seul secteur cité comme bénéficiaire de cette entrée dans la zone euro, la Bulgarie ne prend pas le chemin de la réindustrialisation (même si son industrie représente plus de 20% du PIB, deux fois plus que la France). Pour mémoire, cette part était de 60% en 1990 avant la chute de Todor Jivkov président de la Bulgarie et secrétaire général du Parti communiste.
°°°
Source: https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/europe/3751-la-bulgarie-entre-dans-la-zone-euro
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/la-bulgarie-entre-dans-la-zone-euro-prc-6-01-26/
