
Les sécheresses, canicules et incendies ne concernent malheureusement pas que la France. Les chiffres des dégâts provoqués par le chaos climatique en Europe et dans le monde donnent le vertige.
Plus de 580.000 hectares brûlés en Europe
C’est le chiffre recensé au début du mois d’août. La France a perdu près de 100.000 hectares de forêts à cause des mégafeux, en particulier dans le Sud-Ouest, mais des dizaines d’autres incendies ont aussi eu lieu partout dans le pays, jusqu’aux portes de Paris et sur les côtes bretonnes. En Espagne, près de 280.000 hectares sont partis en fumée en 2026. En Andalousie, un gigantesque feu progresse non loin de Séville, alors qu’en juillet, 75.000 hectares ont brûlé dans la région de Madrid, déclenchant un état d’urgence et des évacuations de communes.
Ailleurs en Europe, les pays méditerranéens sont tous touchés: l’Italie – 79.084 hectares – le Portugal – 47.776 – et la Grèce – 23.839. La Croatie fait actuellement face aux pires incendies de son histoire. Mais les feux se déclenchent aussi dans des contrées qui n’y sont pas habituées. La Belgique est actuellement touchée par un feu qui a brûlé 3.000 hectares d’une réserve boisée. L’Autriche a perdu 1.687 hectares cette année, alors que les incendies y sont rarissimes, comme au Danemark qui a vu 1.177 hectares de végétation partir en fumée. L’Allemagne a perdu 6.045 hectares, deux fois plus qu’un été normal. Et le Royaume-Uni, territoire verdoyant et humide, 22.206 hectares, un record. Au total, les près de 600.000 hectares déjà réduits en cendres, soit 6.000 kilomètres carrés, représentent la taille moyenne d’un département français.
Mégafeux en Amérique
Ces ordres de grandeurs ne sont rien en comparaison de la situation de l’autre côté de l’Atlantique. Fin juillet, au Canada, il y avait 900 incendies actifs et plus de 3 millions d’hectares avaient été ravagés par les flammes, soit une superficie équivalente à celle de la Belgique. Selon l’ONU, près de deux millions d’hectares ont aussi été détruits par les incendies aux États-Unis depuis le début de l’année 2026. Dans ces deux pays, des dizaines de milliers d’évacuations ont été ordonnées.
163 millions d’hectares dans le monde entre janvier et mai
« Cette année, la saison des incendies dans le monde a commencé très fort avec 50% de surfaces brûlées de plus que la moyenne pour cette période » prévenait Theodore Keeping, de l’Imperial College de Londres dès le mois de mai. Les scientifiques de l’Organisation météorologique mondiale et de l’ONU sonnaient l’alerte avant même le début de l’été, à propos de la chaleur hors du commun de mois de janvier au Groenland, et sur les risques accrus d’un phénomène El Nino à la fin de l’année.
En tout sur la planète, ce sont donc 160 millions d’hectares qui étaient déjà partis en fumée entre janvier et avril. Là aussi, un record, selon la base de données scientifique Global Wildfire Information Systems. C’est trois fois la surface totale de l’Espagne ou de la France.
Comment expliquer un chiffre aussi gigantesque ? Parce que la plupart des surfaces brûlées le sont en Afrique, loin des regards occidentaux. Seule bonne nouvelle, les feux en Amazonie ont diminué.
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