« La sécurité entre tous les pays est indivisible » : le message des Brics aux États-Unis (H.fr-13/09/26)

En se gardant de parler de nettoyage ethnique, les Brics condamnent le « déplacement forcé » des Palestiniens. Ici, le 9 septembre 2026, dans le camp de réfugiés de Nuseirat dans le centre de la bande de Gaza, après des bombardements israéliens ciblant des zones résidentielles.© Adam Bilal / Anadolu via AFP

Les pays émergents, qui payent au prix cher les guerres menées par les puissances impérialistes, réclament une plus grande place dans les institutions multilatérales. Ils exhortent également à la fin des ingérences et au règlement politique de la question palestinienne.

Par Lina SANKARI

Jamais cités expressément, les États-Unis sont partout. La longue déclaration commune issue du 18e sommet des Brics+ (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à New Delhi (Inde), qui se déroule sur 45 pages, fait une large place aux préoccupations liées à la sécurité des peuples face aux risques d’extension de la guerre au Moyen-Orient, aux chocs économiques successifs et à l’urgence de remettre la diplomatie au centre.

Avec un constat, « la sécurité entre tous les pays est indivisible ». Manière de dire que, dans un système mondialisé, les guerres menées en certains points du globe ont des conséquences concrètes sur le reste du monde.

Dans son discours d’ouverture, le premier ministre indien, le suprémaciste hindou Narendra Modi, a ainsi rappelé que « le Sud global (était) en première ligne des crises mondiales » mais « en dernière ligne des prises de décision ».

Une prise de position forte

En mai, les ministres des Affaires étrangères des pays émergents n’étaient pas parvenus à définir une position commune sur la guerre en Iran. Cette fois, l’échec manifeste de la voie militaire et les menaces états-uniennes de sanctions contre les partenaires commerciaux de Téhéran – et en premier lieu la Chine – ont conduit les Brics à une prise de position forte contre « l’imposition de mesures coercitives unilatérales contraires au droit international ».



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« La sécurité entre tous les pays est indivisible » : le message des Brics aux États-Unis

Les pays émergents, qui payent au prix cher les guerres menées par les puissances impérialistes, réclament une plus grande place dans les institutions multilatérales. Ils exhortent également à la fin des ingérences et au règlement politique de la question palestinienne.

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Publié le 13 septembre 2026

Lina Sankari

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En se gardant de parler de nettoyage ethnique, les Brics condamnent le « déplacement forcé » des Palestiniens. Ici, le 9 septembre 2026, dans le camp de réfugiés de Nuseirat dans le centre de la bande de Gaza, après des bombardements israéliens ciblant des zones résidentielles.
© Adam Bilal / Anadolu via AFP

Jamais cités expressément, les États-Unis sont partout. La longue déclaration commune issue du 18e sommet des Brics+ (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à New Delhi (Inde), qui se déroule sur 45 pages, fait une large place aux préoccupations liées à la sécurité des peuples face aux risques d’extension de la guerre au Moyen-Orient, aux chocs économiques successifs et à l’urgence de remettre la diplomatie au centre.

Avec un constat, « la sécurité entre tous les pays est indivisible ». Manière de dire que, dans un système mondialisé, les guerres menées en certains points du globe ont des conséquences concrètes sur le reste du monde.

Dans son discours d’ouverture, le premier ministre indien, le suprémaciste hindou Narendra Modi, a ainsi rappelé que « le Sud global (était) en première ligne des crises mondiales » mais « en dernière ligne des prises de décision ».

Une prise de position forte

En mai, les ministres des Affaires étrangères des pays émergents n’étaient pas parvenus à définir une position commune sur la guerre en Iran. Cette fois, l’échec manifeste de la voie militaire et les menaces états-uniennes de sanctions contre les partenaires commerciaux de Téhéran – et en premier lieu la Chine – ont conduit les Brics à une prise de position forte contre « l’imposition de mesures coercitives unilatérales contraires au droit international ».

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Ils dénoncent ainsi « des répercussions négatives de grande ampleur sur les droits de l’homme, y compris les droits au développement, à la santé et à la sécurité alimentaire, de la population générale des États visés, affectant de manière disproportionnée les personnes pauvres et celles en situation de vulnérabilité, creusant la fracture numérique et exacerbant les défis environnementaux ».

En Iran, la Banque mondiale estime qu’en 2024, 36 % des Iraniens vivaient avec moins de 8,30 dollars par jour. L’institution prévoit une nouvelle progression de la pauvreté sous l’effet de l’inflation alimentaire, des pénuries d’importations et des conséquences du conflit avec des effets sur la santé, l’accès à l’alimentation.

Le « gendarme » états-unien en ligne de mire

Face à la prolifération nucléaire, le bloc réitère la nécessité de « redynamiser le système de désarmement, de maîtrise des armements et de non-prolifération ». Et, pour ce faire, le besoin de mettre en œuvre les résolutions relatives à
la création d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.

La déclaration est d’importance alors que l’Iran, également membre des Brics, ne possède pas d’arme nucléaire opérationnelle de manière avérée, contrairement aux États-Unis et à Israël qui ont initié la guerre d’agression contre la République islamique. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a d’ailleurs jugé que le Moyen-Orient n’avait « pas besoin de gendarme ». Ajoutant, lors d’une rencontre avec le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, que « l’intégrité territoriale et la sécurité de la région ne pourront être garanties que par ses principaux acteurs et les pays qui la composent ».

Les Brics reconnaissent enfin que l’absence de règlement de la question palestinienne continue de déstabiliser l’ensemble de la région. En se gardant de parler de nettoyage ethnique, les pays émergents condamnent le « déplacement forcé » des Palestiniens au moment où le ministre de la Sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir, présente un plan pour vider la bande de Gaza de sa population dans une surenchère claire à la veille des législatives du 27 octobre.

Sans employer non plus le mot de « génocide », la déclaration commune soutient toutefois les « mesures provisoires rendues par la Cour internationale de Justice dans le cadre de la procédure judiciaire engagée par l’Afrique du Sud contre Israël » en janvier 2024. Les Brics affirment en outre « la nécessité d’une représentation adéquate de la Palestine au sein de toutes les organisations internationales concernées, y compris les institutions financières multilatérales, ainsi que l’accès à leurs ressources ».

C’est donc le droit à l’autodétermination des Palestiniens et la création d’un État dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale qui sont contenus dans cette déclaration commune. Or, l’État de Palestine reste précisément le grand absent du plan du président états-unien, Donald Trump, pour Gaza, validé par la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies. Les Brics exhortent plutôt à « la mise en œuvre des résolutions pertinentes » afin d’éviter que de petits arrangements continuent de porter atteinte aux droits inaliénables des Palestiniens, visant à légitimer ou prolonger l’occupation.

Source: https://www.humanite.fr/monde/brics/la-securite-entre-tous-les-pays-est-indivisible-le-message-des-brics-aux-etats-unis

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