Le choix de la raison ou la raison du suicide ? Adresse à mes camarades communistes (RC n°166-juillet/août 2026)

Par François LE PIVERT

« Dans le prolongement des choix faits au 38e et 39e Congrès, à la suite des décisions de la conférence nationale, et devant les défis qu’il s’agit de relever pour la France comme pour la gauche, les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l’élection présidentielle comme pour l’ensemble des scrutins locauxet nationaux du pays. »

Projet de base commune du Conseil national pour le Congrès du PCF 2026

Préambule

Est-ce que je suis légitime pour m’adresser à mesanciens camarades du Parti communiste français (pourbeaucoup, je les considère toujours comme des camarades, voire comme des amis) pour les mettre au pied du mur à deux semaines de l’ouverture de leur congrès à Lille qui doit s’ouvrir le 3 juillet et se clôturer le 7 ?

Je le fais car je pense que la situation politique présente est d’une importance capitale et que le choix qui sera fait par les militants pourra avoir des conséquences vitales pour l’avenir de notre cher pays et de la classe ouvrière, les prolétaires, les laissés pour compte, la jeunesse tant au niveau national qu’international.

Je suis devenu communiste alors que le pays et les forces vives du pays avaient bousculé profondément l’ordre bourgeois en 1968 ! Contrairement à tant de jeunes de ma génération, j’ai adhéré aux Jeunesses communistes dès la rentrée de septembre puis, en Fac, j’ai pris des responsabilités à l’Union des étudiants communistes (UEC) de Rennes. Première carte au PCF en 1971 et ce jusqu’en 2001..

Un goût amer

L’expérience de 1983 et du tournant de la rigueur a été une épreuve douloureuse, dont la fin de l’échelle mobile des salaires (revendiqué par jacques Delors) a été un des points d’orgue. Robert Hue et sa Mutation ont eu raison de mon adhésion. Jospin, la « gauche plurielle », les privatisations à la louche, un désastre pour nous, les communistes ! Mes premiers doutes remontent d’ailleurs beaucoup plus loin car je n’ai pas compris l’abandon du principe de la « dictature du prolétariat » annoncée à la télévision par Georges Marchais (22ème congrès, février 1976) ainsi que celle du «dépassement du capitalisme » (Je note que cette dernière expression est toujours d’actualité dans les textes pour le prochain congrès…). Quand une classe sociale prend le pouvoir, elle agit (voire impose) en promulguant des lois (des diktats) qui vont dans l’intérêt de ses mandants, soit des travailleurs. La révolution bourgeoise a supprimé les privilèges de la noblesse et servi la classe capitaliste. Le capitalisme ne se dépasse pas : il s’abolit et laisse place au socialisme, c’est à dire la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme ! Comme disait Rosa Luxembourg « le socialisme ou la barbarie». Cependant, je suis toujours avec intérêt les débats qui ont lieu au sein du PCF et j’apprécie beaucoup d’articles de l’Humanité que j’achète encore assez régulièrement, et la lettre de Patrick Le Hyaric, président du groupe l’Humanité jusqu’en 2020…

Congrès de Lille du PCF (3-5 juillet 2026)

Pour le prochain congrès du PCF, j’ai pris le temps de lire attentivement et d’annoter les quatre textes soumis aux votes des adhérents du PCF pour choisir la base commune de discu ssion pour le 40e Congrès. Je n’ai pas plus de légitimité pour le faire que n’importequel électeur français. Aucune volonté de nuire à ce Parti pour lequel j’ai toujours de la sympathie et que je regretterais sincèrement de voir se marginaliser ou se fondre dans la social-démocratie à l’instar du parti frère italien qui n’existe plus. Je crains fortement qu’il en prenne le chemin mais, à l’intérieur même du Parti, des forces nombreuses résistent. D’autres ex PCF, comme moi, s’organisent dans la résistance au déclin de la perspective franchement communiste pour qu’un Parti communiste regagne le terrain perdu par l’abandon de la lutte de classe au profit d’une alliance désastreuse avec la social démocratie : depuis 1981, elle est incarnée par un PS de plus en plus Macron compatible et pour laquelle le capitalisme sonne la fin de l’Histoire ! Retrouverla voie qui mènera à une rupture totale avec la politique pro-capitaliste assumée par les gouvernements successifs depuis des décennies est une urgence primordiale ! Comme disait un ancien secrétaire fédéral du 22 : « laissez tomber la « lutte des places » pour retrouver la lutte de classes » !

Les résultats des votes adhérents

37 286 communistes à jour de leurscotisations et adhérents depuis plus de trois mois étaient appelés à voter.Je note que trois mois, c’est peu : cela peut entraîner des magouilles par desadhésions sur le fil… Ce vote a eu lieu et en voici le résultat : 24 608 électrices et électeurs ont voté, soit 66 % des inscrits. 481 bulletins blancs ou nuls et 24 127 suffrages exprimés.

« Un communisme de conquêtes », texte du Conseil national a obtenu 14 810 suffrages, soit 61,38 % des exprimés.

Les textes alternatifs ont respectivement obtenu : -« Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir. Communistes à l’offensive », 6 117 voix soit 25,35 % ; –« Stratégie communiste. La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme », 1 833 voix, soit 7,60 % ; -« Résister et construire, une nouvelle page du communisme », 1 367 voix, soit 5,67 %.

12 678 adhérents se sont abstenus et, si on y ajoute les blancs et nuls, ce sont 13 159 camarades qui n’ont pas choisi l’orientation pour leur parti à moins d’un an d’une échéance électorale primordiale pour l’avenir tant national qu’international.

Les textes alternatifs ont obtenu environ 38 % des suffrages. Un résultat qui est loin d’être négligeable. Le texte de la direction stipule : « un communisme de conquêtes devient la base commune de discussion de l’ensemble des adhérentes et adhérents. Désormais les communistes dans leur diversité sont appelés à se rassembler en se saisissant de la base commune, en la travaillant, en l’enrichissant de leurs contributions et amendements. Il sera intéressant de voir lesquels seront finalement retenus et quelle sera la décision finale du parti concernant la candidature ou non de Fabien Roussel lors des prochaines présidentielles. » La direction dont le texte revendique une large victoire et un « haut niveau de participation » qui « témoigne d’un fort engagement démocratique ». Premièrement, lors du précédent congrès de Marseille, le texte de la direction avait obtenu nettement plus, soit 82 %. Deuxièmement, rapporté au nombre d’inscrits, c’est une adhésion des adhérents de seulement 40 % environ. Loin d’un plébiscite ! Alors que le pays est face à un choix vital pour son avenir, cette abstention des communistes qui, rappelons-le, paient leurs cotisations n’est pas vraiment un grand engagement démocratique. On peut se poser la question : quelle confiance ont-ils dans l’appareil de leur Parti ? Ne pas se prononcer, alors qu’il y a un choix important, me paraît plutôt déconcertant! Cette victoire peut sembler une victoire à la Pyrrhus : l’érosion quasi continue du PCF en nombre d’adhérents « compromet la situation à long terme du vainqueur » … Je lis dans un article de Jeunesse du Monde : « Le nombre d’inscrits aux scrutins internes est passé de 69 227 en 2011 à 37 288 en 2026. Cela représente une baisse d’environ 46 % en quinze ans. Même depuis 2023, où le parti comptait 40 591 inscrits, le recul se poursuit. La visibilité médiatique [N.B.C’est le moins qu’on puisse dire] retrouvée sous Fabien Roussel n’a donc pas inversé la crise terminale du PCF. » Fabien Roussel c’est « le communiste préféré des médias » qui n’hésitent jamais à lui tendre un micro ou à l’inviter. Pour les résultats des élections municipales, il a fait un festival anti-LFI : petit florilège : « fracturer la France », «faire du communautarisme», « faire perdre la gauche » …La vraie question que l’on peut se poser, à juste titre, c’est « pourquoi ? » Il est le chouchou des médias. Lui même ne semble pas vouloir se la poser. Quand ton ennemi de classe te fait un compliment, pose-toi la question : où je me trompe ?

Passons à l’analyse des propositions

Chacun des quatre textes soumis aux votes des adhérents est précédé d’une page « résumé » des objectifs le Parti doit se fixer puis d’une table des matières souvent plus éclairante que l’introduction. Commençons par le texte majoritaire. Je retiendrai quelques citations qui en font la substantifique moëlle : « réaffirmer le rôle central du PCF dans la conquête des pouvoirs par le monde du travail » « Le recul de la conscience de classe, l’atomisation du salariat et les fractures territoriales alimentent les peurs et les replis identitaires. » « « Face à ce péril, il est urgent de porter avec force le projet communiste » « poser de nouveau la question de la conquête des pouvoirs. Il s’agit de rassembler le monde du travail et le peuple autour d’une politique de classe et de construire une alternative ouvrant le chemin du dépassement du capitalisme. » « Donner au PCF les moyens de faire entendre sa voix, en refusant les logiques d’effacement qui ont affaibli la gauche.» « Bâtir une France heureuse et indépendante en mettant au coeur du projet communiste, le travail, la paix, la République démocratique, et laïque, c’est possible. » « C’est pourquoi le PCF est légitime et crédible pour proposer aux Françaises et aux Français un pacte pour le redressement social, écologique et démocratique de la France. » L’atomisation du salariat ? Je pose la question : qui en est responsable ? En même temps que se délitait la conscience de classe au Parti communiste, la négation des antagonismes entre le prolétariat et le patronat, que la charte d’Amiens était reléguée aux oubliettes, le principal syndicat ouvrier perdait ses propres repères, adhérait à des appareils réformistes affidés à la gouvernance capitaliste tels que la CES (1999) et, la CSI (2006) ! Atomiser selon le dictionnaire :faire disparaître, tuer, détruire.

…« Retrouver la base historique du Parti communiste »

On est là dans le projet central de la direction du Parti communiste sans le dire vraiment : présenter le camarade Fabien Roussel lors des prochaines élections présidentielles. D’ailleurs, lui-même ne s’en cache pas : il veut y aller ! « Face au péril » de l’accession du RN à la présidence de la République avec en main toutes les institutions dictatoriales de la Ve République, le Parti communiste doit se présenter pour « une République démocratique, laïque, universaliste et sociale » (N.B. il n’est pas question d’une constituante, condition pourtant sine qua non pour ce projet…). Quel que soit le candidat, Le Pen ou Bardella, le parti fasciste est actuellement donné gagnant. Effectivement, il y a péril en la demeure ! Est-ce que Roussel est le bon choix si les communistes veulent éviter ce scénario du pire ? Pense-t-on, à la direction de l’appareil, que Fabien Roussel va exploser les compteurs alors qu’il n’a l’adhésion que de 40 %des camarades du PCF ? Qu’il a fait 2,28 % en 2022 ? Qui peut renverser la table et fairementir les prévisions de sondeurs affidés au capital ? Il est difficile de penser que ce sera le candidat communiste quelque laurier qu’on lui tresse dans les médias dominants. Posez-vous la question : quel sort est réservé aux communistes, aux syndicalistes, aux étudiants contestataires lorsque les fachos arrivent au pouvoir ? Déjà, avec la loi de Sécurité ,globale de Darmanin (25 mai 2021), on voit ce que ça donne. Les Gilets jaunes ont également payé la note en 2018 / 2019 ! elle est salée ! Sans se plonger dans l’histoire depuis Hitler et Mussolini, il n’est qu’à regarder ce qui se passe actuellement en Hongrie, en Tchéquie, en Pologne, en Ukraine, dans l’Union européenne qui, en août 2019, a mis un trait d’égalité entre nazisme et communisme ! « Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit / je n’étais pas communiste /…/ Quand ils sont venus me chercher / il ne restait plus personne pour protester » (Pasteur Martin Niemöller) Alors, camarades, est-ce bien raisonnable ? Est-ce que la direction croit vraiment à son voeu de « retrouver la base historique du Parti communiste », c’est à dire le million d’adhérents de l’après-guerre et les 27 % historiques réalisés lors des élections de 1947, les plus de 21 % de Jacques Duclos de 1969 ? En 2022, le camarade Fabien Roussel a fait 2,28 %, soit 802 422 voix… Jean-Luc Mélenchon, 21,95 % à seulement 1,2 % de Marine Le Pen. À 421 308 + 1 voix près, Le RN n’était pas au second tour. Ça donne à réfléchir… Bien sûr, chaque voix compte et la responsabilité n’incombe pas uniquement au PCF mais aussi, tout autant, à LO, au NPA, des partis de l’ultra gauche, puisque, depuis l’accession de Nuñez, LFI et son programme l’Avenir en commun, sont classés à « l’extrême gauche» ! De quoi sourire (jaune) pour qui connaît l’histoire ! Le PS et EELV, respectivement à 1,7 % et 4,63 % n’ont aucune conscience de classe, alors ils font, objectivement, le jeu de l’arrivée du RN aux manettes et à la gâchette ! Je sais, l’ayant entendu de la bouche,de communistes sur les marchés où on tracte : ils craignent que LFI cherche à les faire disparaître. Mais, c’est exactement le contraire qui risque d’arriver si le PCF s’obstine dans cette voie sans issue. Je me replonge dans l’élection de 1981 : Georges Marchais avait mené une campagne très dure contre Mitterrand et réalisé près de 16 %. Au second tour, revirement, et le PCF appelle à battre Giscard et faire gagner l’ex Garde des Sceaux alors qu’il était allé rassurer les Américains en déclarant qu’il allait réduire le PCF au-dessous des 10 % ! Pas rancunier et vive les quatre ministres communistes du premier gouvernement Mauroy. Et c’est effectivement ce qui est arrivé : d’élection en élection les résultats se sont érodés jusqu’aux 2,28 % de Fabien Roussel en 2022. Comme on dit, une élection de témoignage !A l’inverse, c’est bien grâce au NFP que les députés communistes forment un groupe à l’Assemblée nationale.En refusant tout accord de programme en 2027 et, peut-être, en faisant perdre le candidat le mieux placé de la gauche, il est à craindre que cette attitude mette fin à toute présence communiste au sein de l’Assemblée nationale. Stratégiquement, et pour l’avenir du Parti – je reviens au titre de cet article – c’est un suicide ! La France a besoin d’un Parti communiste puissant ! Alors, ne jouez pas avec le feu… Et participez dans l’action à faire gagner le « camp des travailleurs» ! et regagner la confiance du prolétariat et pas seulement ! Tout le monde, mis à part les 500 grandes fortunes qui se gavent depuis 10 ans, a, peu ou prou, à y gagner : du chômeur au salarié, du médecin et de l’infirmière aux enseignants, du garagiste au paysan !

Les Frontistes de « communistes à l’offensive »

Passons maintenant au texte signé par le député communiste (un parmi les noms d’une longue liste), depuis 2017, de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Peu. Il est réélu au premier touren 2024 avec 71,80 % des suffrages. Il est, également, coprésident, depuis2025, du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. On appelle les camarades communistes qui adhérent à ce texte alternatif « communistes à l’offensive », les frontistes car ils sont résolument favorables à un rassemblement du type « front populaire ». Ils sont en droite ligne de l’accord passé lors des élections législatives de 2024 qui a vu la victoire du Nouveau Front Populaire, le NFP, lui qui a succédé à la Nupes, fondée en 2022. Même si Macron ne l’a pas voulu, lui qui pariait sur Bardella Premier ministre, c’est le NFP qui a gagné ces élections. Chacun connaît la suite : le refus de Macron de nommer un ministre issu du NFP et les multiples trahisons du PS qui l’a sauvé en ne votant pas la censure des gouvernements successifs ! Avec les 1,75 % d’Hidalgo, ils touchaient le fond : en 2027, ils vont devoir creuser alors qu’ils rêvent, avec le faiseur de révolution, Glucksmann, de nous plier ! On se rappelle (voir ci-dessus) que leur texte Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir – Communistes à l’offensive s’impose comme la principale opposition interne avec un quart du Parti votant, soit environ 17 % des inscrits… Sa stratégie prend exactement le contre-pied du texte de la direction : il est porté par Stéphane Peu et plusieurs personnalités communistes soutiennent la stratégie comme, par exemple (sauf erreur de ma part) l’ancienne ministre communiste Marie-George Buffet et le rédacteur en chef de l’Humanité.

L’idée forte, essentielle :

« Être à la hauteur du combat de classes, c’est d’abord tout faire pour empêcher la prise du pouvoir par le Rassemblement national. Le danger qui est devant nous est dramatiquement sous-estimé. » Il n’est donc pas question, pour ces communistes, de passer sous silence l’extrême gravité de l’heure. La coalition des droites extrêmes risque bien, alliées à l’extrême centre, de faire basculer la France en 2027 dans une dictature fasciste. L’heure n’est pas au repli sur son Parti, défendre son pré-carré, sinon, il se pourrait que la situation allemande de 1933 trouve le même aboutissement en France en 2027. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, le refus d’union de la social-démocratie et des communistes laisse le champ libre au pire. Comme l’a démontré l’historien Johann Chapoutot « Hitler n’a pas pris le pouvoir, on le lui a offert sur un plateau alors que les nazis venaient de perdre un million de voix aux élections de 1933 ! » Cette fois, selon toute vraisemblance, de Macron à Retailleau, de Villiers à Ciotti, de Attal à Philippe,de Hollande à Glucksmann (la fausse gauche) et compagnie, la bourgeoisie, le Medef ont fait leur choix : plutôt Hitler que le front populaire. Et pour maintenir les dividendes, on va faire marcher l’économie de guerre ! Se préparer à sacrifier nos enfants ! Tout pour Thalès, Dassault, Ariane Group, Safran, Naval Group, Airdus Defence Space… Le Moins possible pour l’école, la santé, la Sécu, les privés d’emploi, la culture, la justice… Délocalisation, privatisation, liquidation ! L’Union européenne mortifère en marche… Dos au mur, la classe ouvrière en légitime défense se doit de faire front. Comme l’écrivait un camarade communiste (franchement communiste) dans un article que j’ai lu récemment : « l’ouvrier qui croit aux alouettes rôties que le RN promet sera le premier cocu de la nuit de noce ! »

Barrage républicain ? Adieu…

Les digues du barrage républicain ont cédé. Comme il est écrit dans le texte « seule la levée d’un mouvement populaire et citoyen majoritaire peut le permettre [NDLR. de battre les fachos]. Nous devons prendre toutes les initiatives à même de la favoriser, en faisant preuve d’une grande audace de rassemblement à même de bousculer la thèse empoisonnée des « gauches irréconciliables ». « Nous devons aborder les échéances politiques de 2027 en conséquence, en travaillant à faire émerger un pacte commun en phase avec les grandes exigences populaires, en travaillant par le bas à un accord législatif autour d’un tel programme de rupture. » J’ai envie de dire que le travail pour établir ce programme de rupture a déjà été en grande partie réalisé. Ce sont les 170 propositions du programme signé dans l’urgence après la dissolution surprise de Macron après la déculottée des Européennes de juin 2024.L’actualiser pour partir tous ensemble dans la bataille de 2027 ne me semble absolument pas irréalisable, tout au contraire, y compris en intégrant les deux autres résolutions de « stratégie communiste » et de « résister et construire » qui pour l’un « veut mettre en échec les fascistes, développer la conscience de classe et renforcer le parti » et pour l’autre « sortir de l’impasse politique et rendre présent un projet communiste». Bien sûr, camarades, il est indispensable qu’un parti franchement communiste émerge à nouveau dans le paysage de la France mais aussi pour l’international. Si par bonheur la classe ouvrière n’est pas défaite en2027, comme en 1936, c’est par la lutte et les revendications qu’il faudra accompagner la victoire. Tout commencera et ce ne sera pas le moment de rester les deux pieds dans le même sabot ! Il sera absolument nécessaire, y compris dans la phase constituante, de harceler les capitalistes pour arracher de nouveaux conquis par la grève et le blocage ! Ils ne lâcheront rien si on ne va pas le chercher ! Depuis 58 ans ce serait la première fois que la Classe ouvrière se battrait pour autre chose que ne pas reculer ! Marcher vers la société socialiste pour laquelle beaucoup ont consacré leur vie devient un objectif réalisable : « l’espoir changea de camp, le combat changea d’âme (Victor Hugo) ! » Pour la paix, le socialisme, vive l’internationalisme prolétarien. »

Le 25 juin 2026

Source: Résistances Communistes n°166 Juillet/Août 2026-bulletin du courant « Rencontres communistes du POI.

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