
« Cette marche construit un rapport de force » : 24 associations et 800 personnes se sont mobilisées, ce samedi 19 septembre 2026, au centre-ville de Brest, contre la loi sur la présomption d’innocence dite loi de « permis de tuer » qui « garantit aux policiers une immunité totale » selon les militants
Par Frédérique GUIZIOU
Cette marche construit un rapport de force
, commence Olivier Cuzon, de la Ligue des Droits de l’Homme. La LDH est l’une des 24 associations qui ont appelé à manifester, ce samedi 19 septembre 2026, à Brest (Finistère), contre la loi de présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, dite loi de « permis de tuer » : Le pouvoir a franchi un seuil, la société aussi : le premier cherche à inscrire l’exception dans la loi, la seconde refuse qu’elle devienne la norme.
Approuvé en juillet 2026 par l’Assemblée nationale, le texte inverse la charge de la preuve : policiers et gendarmes sont présumés avoir agi de manière légale lorsqu’ils font usage de leurs armes : Nous réclamons le retrait pur et simple de cette loi »,
résument les plus de 800 manifestants (1 000 selon les associations) qui ont rejoint le cortège encadré par la Police nationale: L’usage des armes à feu doit se faire en dernier recours et rester fortement encadré.
Les policiers municipaux aussi ?
Une mobilisation d’autant plus cruciale
à Brest alors que la Ville se dote d’une police municipale armée, avec 150 agents prévus à l’horizon 2032: Certains proposent déjà un amendement pour que les policiers municipaux bénéficient eux aussi de cette nouvelle conception de la « présomption de légitime défense », cette « présomption d’usage légitime de l’arme » avant même que les faits n’aient été établis !
, s’indignent des avocats du barreau de Brest, également mobilisés aux côtés d’Amnesty international, CGT Brest, les Jeunes Socialistes ou Brest Insoumise : « L’État de droit recule par étapes. Les garanties diminuent, les contre-pouvoirs sont écartés, le contrôle judiciaire est affaibli.
Le refus d’entendre 730 000 citoyens
Lancée contre cette proposition de loi, la pétition avait recueilli 730 000 signatures au niveau national : «Ce qui aurait dû permettre l’ouverture d’un débat à l’Assemblée nationale, mais la pétition a été clôturée sans aucune discussion. Ce débat refusé à l’Assemblée a donc lieu dans la rue,
continuent les militants. Refuser d’entendre 730 000 citoyens n’est pas une maladresse institutionnelle. C’est un choix politique. Ce n’est plus seulement une manière de faire la loi. C’est une manière de transformer progressivement les institutions.
Au fil de la marche, le sens de la nuance semble s’être perdu : Police partout, justice nulle part
ou Plus de places au lycée pour ne pas finir policier
… Les slogans scandés par les manifestations, en majorité jeunes, témoignaient d’une certaine hostilité envers les forces de l’ordre.
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