
Le message des collégiens de Houat est clair : la jeunesse insulaire veut, elle aussi, être entendue. | OUEST-FRANCE
À Houat, dans le Morbihan, les collégiens ne restent pas silencieux face au mouvement lycéen qui s’étend sur le continent. Par la voix de leur porte‑parole, Zachary Coutet‑Garnier, 14 ans, ils expriment leur solidarité et rappellent que, même sur les îles, les élèves partagent les mêmes inquiétudes : surcharge des journées, manque de professeurs, conditions d’apprentissage fragilisées. À quelques mois de leur entrée au lycée, ils veulent faire entendre leur réalité insulaire.
Sur l’île de Houat (Morbihan), le collège ne compte que douze élèves. Une petite antenne du collège public des Îles du Ponant, réparti sur six îles. Malgré l’éloignement, les adolescents suivent de près le mouvement lycéen qui s’étend sur le continent. Zachary Coutet-Garnier, 14 ans, élève de 3e, a souhaité prendre la parole pour exprimer leur soutien. C’est une bonne chose que la jeunesse prenne la parole et mette un coup de pression au gouvernement
, dit-il.
Pour lui, ce mouvement concerne aussi les collégiens des îles. Même sur les îles, nous sommes solidaires de ce qui se passe sur le continent. Les lycéens revendiquent aussi pour nous, les futurs lycéens qui iront bientôt au lycée.
À Houat, les élèves se reconnaissent dans plusieurs revendications : journées trop longues, emplois du temps surchargés, manque de professeurs. Des journées qui s’étalent de 8 h à 18 h, c’est trop lourd. Et à Molène ou Ouessant, il manque deux profs, dont un de maths.
Le lundi, le bateau est trop tôt
La scolarité insulaire ajoute ses propres défis. Pour Zachary, Hœdicais, quatre fois par semaine, la journée commence par un bateau à 7 h 20 pour rejoindre Houat, et se termine vers 19 h au retour. Le réveil est à 6 h 30. On a cours du mardi au vendredi, parce que le lundi, le bateau est trop tôt.
Les journées sont donc condensées, parfois rallongées, pour s’adapter aux horaires maritimes. Et quand les tempêtes empêchent les traversées, les cours basculent en visio ou en travail autonome.
Autre contrainte : les professeurs ne vivent pas sur l’île. Ils doivent parfois naviguer entre plusieurs antennes, ce qui peut multiplier les absences imprévues selon les aléas des liaisons maritimes. Aussi, la logistique personnelle fait qu’il n’est pas aisé de trouver un nouveau professeur ou un remplaçant. En début d’année dernière, il manquait un professeur de maths et de physique pour les 6es et les 3es. On n’a pas eu de cours d’éducation aux médias et à l’information (EMI) pendant une bonne partie de l’année.
Malgré ces difficultés, les collégiens restent attachés à leur scolarité insulaire. Ils savent aussi que le passage au lycée, probablement à Vannes pour Zachary, les plongera dans un établissement lui-même mobilisé. Il y a des blocus partout. Mon futur lycée est concerné. Ça me touche encore plus.
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