
La grève nationale des sapeurs-pompiers a débuté ce mardi 8 septembre et va se poursuivre jusqu’au 20 octobre 2026. Dans les Côtes-d’Armor, le syndicat CGT du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) alerte « sur l’état de la distribution des secours dans le département ».
Par Camille BEDOUX et Mathilde LOEUILLE
La grève nationale des sapeurs-pompiers a débuté ce mardi 8 septembre et va se poursuivre jusqu’au 20 octobre 2026. Dans les Côtes-d’Armor, les soldats du feu ont répondu à l’appel et profitent de cette mobilisation pour alerter la population sur leurs conditions de travail et, surtout, sur la dégradation de la distribution des secours dans le département.
Dans les années 2000, les zones blanches étaient des confettis en zone rurale. Aujourd’hui, on se rend compte qu’elles se sont étendues, notamment en journée
, affirme Sébastien Guégan, secrétaire adjoint de la CGT Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) 22. Il cite notamment les secteurs de Pontrieux, Tréguier et Rostrenen. Quand il faut faire venir un fourgon de Saint-Brieuc pour un feu à Rostrenen, ça allonge forcément le délai d’intervention.
Des situations critiques à Rostrenen et Loudéac
Pour lui, le problème est plus global. Des centres de secours qui font plus de 1 200 interventions par an peuvent se retrouver inopérationnels en journée par manque d’effectifs.
La CGT pointe notamment les situations des centres de Rostrenen et Loudéac. Le premier n’a aucun sapeur-pompier professionnel quand le second, un centre support, compte au maximum trois pompiers professionnels en journée. De quoi engendrer des difficultés opérationnelles.
Lire aussi : Nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux
: le signal d’alarme de la CGT pompiers des Côtes-d’Armor
Pourquoi l’agglomération briochine devrait-elle avoir moins de dix minutes de délai d’intervention et pas les autres ? C’est une vraie rupture d’égalité
, estime le syndicaliste, qui précise que du côté de Plougrescant, le délai peut aller jusqu’à trente minutes. Une situation intenable car elle est synonyme de perte de chance lorsqu’il s’agit d’urgences vitales.
« Les gens ne s’engagent plus comme avant »
Les sapeurs-pompiers réclament davantage de moyens et une professionnalisation accrue du service. Les gens ne s’engagent plus comme avant, la vie de famille a pris une part plus importante. Le modèle actuel, qui repose beaucoup sur le volontariat, ne tient plus
, poursuit Sébastien Guégan. Ça fait plusieurs années qu’on alerte et qu’on demande que les financements soient à la hauteur des enjeux.
Avec le réchauffement climatique, davantage d’incendies à craindre
La CGT alerte aussi sur la multiplication des risques d’incendies, notamment les feux de forêts, liés au changement climatique. Après les incendies de 2022, des véhicules dédiés aux feux de végétation ont été achetés grâce au soutien de l’État. Mais, selon le syndicat, ces acquisitions ont principalement permis de remplacer des camions qui partaient à la casse car ils n’étaient plus aux normes, ça n’a pas augmenté le nombre global de véhicules
. Cet été, par exemple, des camions du département ont été mobilisés en renfort lors des incendies en Gironde et dans le Var. On s’est donc retrouvés en difficulté ici, puisqu’on n’avait plus ces véhicules
, regrette-t-il.
Le syndicat indique enfin avoir interpellé les parlementaires des Côtes-d’Armor afin qu’ils relaient ces inquiétudes auprès de l’État.
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