
Le blocus des lycées s’est poursuivi ce mercredi 7 octobre 2026, à Brest (Finistère). 500 personnes se sont notamment mobilisées devant le lycée Jules-Lesven.
Par Sasha ABGRAL
Près de 500 personnes se sont rassemblées devant le lycée Jules-Lesven, à Brest (Finistère), ce mercredi 7 octobre 2026, tôt dans la matinée, afin de renouveler la manifestation et le blocus. À 7 h 30 déjà, l’heure est à la fête pour l’une des professeures d’anglais de la cité scolaire Kerichen, venue avec une enceinte dans le coffre de sa voiture pour motiver les jeunes. « Wonderwall » d’Oasis, « Tout le bonheur du monde » de Sinsemilia, « Get Lucky » de Daft Punk… On pourra faire un Madison avec tout le monde ?
lance une élève qui reconnaît sa prof. Feel free !
répond cette dernière.
« On forme la future crème locale »
Cette parenthèse musique, couleur et tranquilité
aura été de courte durée. La circulation a été bloquée dès 8 h 20 dans la rue, à cause d’un grand feu de poubelles et de grilles. C’est dommage. On forme ici la future crème locale
, regrette la professeure. Une amie la soutient : On a des collègues qui n’arrivent qu’à 9 h pour calmer les choses, c’est aberrant.
Quoi de mieux qu’un spectacle pour ce faire ? Noé, 20 ans, en licence de DN MADE (diplôme national des métiers d’art et du design) s’est illustré en dédiabolisant la cause
avec son diabolo. Les médias ne parlent que des violences, alors qu’hier on jouait au sudoku
, a-t-il avoué après les applaudissements nourris de la foule pour ses pirouettes.
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« Les dégâts collatéraux de l’éducation »
Tinaïg et Lou, en terminale Arts appliqués, sont présentes à ce moment-là devant l’entrée du lycée. On a réussi à la bloquer. Un autre groupe tente de fermer les autres entrées de la cité scolaire
, explique Tinaïg, en même temps que l’une de ses connaissances siffle afin de constituer un groupe pacifique
.
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Aujourd’hui et comme les autres jours, Lou s’insurge contre ses conditions d’apprentissage : Ça fait depuis la seconde qu’on a des plafonds moisis, qu’on voit des bassines d’eau au self pour les infiltrations…
La jeune fille pense à son père enseignant et estime, pour elle-même autant que pour lui, qu’ils constituent les dégâts collatéraux de l’éducation
.
Ni les forces de l’ordre, ni les pompiers n’ont été mobilisés dans un premier temps. Ils ont fini par intervenir, notamment pour combattre l’incendie d’une voiture devant la cité scolaire de Kerichen. Maïn, lui, est venu du lycée de l’Harteloire, fermé dans la matinée. On sait tous, même les professeurs, qu’il va fermer définitivement. On se sent délaissés
, regrette le jeune homme. C’est notamment l’un des seuls établissements brestois qui propose une spécialité théâtre, mais
les cours de spé se chevauchent carrément avec les cours normaux. On loupe plein de choses, même si on fait des semaines de 42 heures ».

Un blocage boulevard Léon-Blum
Vers 10 h, une partie des manifestants de Jules-Lesven éparpillés par les charges de la police sont allés bloquer le boulevard Léon-Blum. Une soixantaine de jeunes se sont répartis de bas en haut du boulevard, afin d’y mettre des grilles et des poubelles. Un feu a été allumé au carrefour avec la rue de Kerichen. Ne laissez personne passer !
s’exclamait le meneur du groupe avec son mégaphone.

Quelques voitures ont toutefois réussi à percer les barrages. Après un ultime contrôle de zone de la police vers 13 h, la foule s’est dispersée. Sept interpellations ont eu lieu à Brest lors de la journée.
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