
À l’occasion de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le vice-président de la République populaire de Chine, Han Zheng a rappelé l’importance de l’organisation et de sa charte. Quelques heures plus tôt, le dirigeant Xi Jinping a terminé trois jours de visite aux États-Unis.
Par Vadim KAMENKA
Aux États-Unis, les autorités chinoises ont partagé les rôles diplomatiques. À New York, au sein de l’hémicycle onusien, c’est le vice-président de la République populaire de Chine, Han Zheng qui a tenu un large discours sur le respect de charte des Nations unies, le « multilatéralisme » et rendu hommage à Antonio Guterres pour ses deux mandats, samedi.
Alors que le monde est « témoin de crises politiques profondes » et de « défis majeurs », l’ONU reste la seule organisation la plus représentative et la plus universelle a salué le dirigeant chinois. Il faut donc « renforcer son rôle » et ses diverses instances.
Han Zheng a répété que la Chine poursuivait les objectifs fixés par Xi Jinping, en septembre 2021 devant l’Assemblée générale : un développement durable et plus équilibré, le respect mutuel des relations internationales, améliorer la gouvernance mondiale et mettre en œuvre un véritable multilatéralisme.
Les Palestiniens doivent gouverner la Palestine
Le vice-président a rappelé que les États doivent régler leurs « différents par le dialogue » et que les grandes puissances « doivent donner l’exemple en respectant l’état de droit ». La « souveraineté des États » doit être respectée au Moyen-Orient et les droits commerciaux garantis. L’équité et la justice font partie des règles internationales : « N’importe quel État dispose des mêmes droits » que la nation la plus puissante a-t-il lancé.
Il a tenu a rappeler les positions de l’ONU sur deux dossiers. « Les Palestiniens doivent gouverner la Palestine » et exigé le respect de « la solution à deux États » avant de fustiger les États-Unis qui doivent « lever le blocus illégal de Cuba ».
Dans un long plaidoyer sur le multilatéralisme, Han Zheng a répété que les règles du commerce internationales sont fixées par l’OMC et les différences de civilisations et de développement nécessaire à la diversité mondiale. Les pays du Nord devraient respecter leurs engagements en matière de coopération envers les pays du Sud a-t-il conclu.
Au même moment, le président chinois a achevé une visite d’État de trois jours, à Washington. La presse a relevé une « démonstration de cordialité » entre les deux dirigeants et souligné que la régularité des visites entre les deux chefs d’État est « sans précédent » dans les relations sino-américaines. Le Quotidien du Peuple, l’organe de presse du Parti communiste chinois, a souligné à quel point il était rare qu’un président états-unien reçoive un dirigeant mondial sur le tarmac.
Le seul acte concret qui ressort, porte sur le prolongement de leur trêve commerciale pour une durée de deux mois. Donald Trump et Xi Jinping ont échangé sur le déséquilibre commercial, les restrictions technologiques et les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, sans annoncer de progrès tangibles.
Le président chinois aurait abordé le soutien états-unien à Taïwan et au Japon et les risques militaires. Dans un compte rendu officiel rapporté par le Quotidien du Peuple, Xi Jinping aurait déclaré lors de sa rencontre avec Donald Trump, jeudi, à la Maison-Blanche : « J’espère que les États-Unis adopteront la position qui s’impose, à savoir s’opposer à l’« indépendance de Taïwan » et de gérer la question taïwanaise avec prudence ».
Programme militaire à Taïwan
Cette approche « jetterait des bases solides pour la coopération stratégique entre les États-Unis et la Chine ainsi que pour le développement des relations bilatérales », a indiqué le dirigeant chinois.
Un certain nombre d’observateurs pointent un avertissement sous-entendu qui porte sur le programme de 14 milliards de dollars d’armes à Taïwan comprenant des missiles, des équipements anti-drones et des systèmes de défense aérienne. Un précédent programme de 11 milliards de dollars a déjà été approuvé par Donald Trump, fin 2025.
À Pékin, le milliardaire avait suggéré que ces ventes d’armes constituaient un « très bon atout de négociation » avec la Chine. Depuis, il a reporté l’approbation de ce nouveau programme.
Les deux dirigeants ont également annoncé, vendredi, la mise en place d’un « canal de communication » pour faire face aux incidents causés par l’intelligence artificielle. Donald Trump appelle désormais l’IA, « super-intelligence », a été l’un des thèmes majeurs abordés.
Les deux pays ont décidé d’établir un « Dialogue Etats-Unis-Chine sur la super-intelligence pour échanger des points de vue sur les risques et les avantages » de l’IA.
Pékin et Washington ont confirmé une troisième et une quatrième rencontre entre les deux présidents à l’occasion du sommet de l’APEC mi-novembre en Chine et au sommet du G20 en décembre aux États-Unis.
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