
L’avenir de la Fonderie de Bretagne reste suspendu aux trois millions d’euros à trouver d’ici le 17 juillet 2026. Bonne nouvelle toutefois, l’annonce ce mardi 7 juillet, lors d’un comité de suivi à Lorient Agglomération, que les salaires seront versés sous 48 heures.
Par Stéphane GUIHENEUF
Au lendemain de la reprise de l’activité à la Fonderie de Bretagne, les élus du personnel (deux CGT et un CFE-CGC) se sont retrouvés, ce mardi 7 juillet 2026, au siège de Lorient Agglomération pour un comité de suivi qualifié de technique. Seule avancée, de taille néanmoins pour les salariés, la prise en charge des salaires par le fonds de garantie. « Les salaires seront versés d’ici 48 heures. Ils vont être pris en charge par l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés) », avance Maël Le Goff, secrétaire général CGT. Quatre jours après la décision du tribunal de commerce de Lorient, qui a décidé, notamment d’écarté Europlasma de toute prise de décision, cette réunion en compagnie des services de l’état, d’élus, des deux administrateurs et du mandataire a servi surtout « à voir la place de chacun ».
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Professionnalisme et engagement des salariés
De ce comité de suivi, qui aura duré moins d’une heure et trente minutes, « on n’a pas appris grand-chose », tempère Maël Le Goff. L’avenir de l’entreprise, et de ses 245 salariés, reste toujours suspendu à l’obligation de trouver trois millions d’euros d’ici le 17 juillet. « C’est un point d’étape ». Tous les regards sont tournés vers Renault pour qui l’usine de Caudan s’est remise à produire, depuis lundi, « des portes fusées et des boîtiers différentiels », fait savoir Éric Guyomard, élu CGT. Pas seulement. Des prototypes de corps creux d’obus ont également été réalisés pour Thalès. Sur les marches de la Maison de l’agglomération, le député de Lorient Damien Girard, n’a d’ailleurs pas manqué de saluer « le professionnalisme et l’engagement des salariés ». L’élu s’est aussi félicité de la prise en main de l’entreprise par les administrateurs. « En deux jours, ils ont fait plus qu’Europlasma en un an ».
En deux jours, ils ont fait plus qu’Europlasma en un an.
Les yeux tournés vers Renault
Jean-Michel Jacques (présent en visio) s’est entretenu dans l’après-midi, avec le ministre chargé de l’Industrie Sébastien Martin. Il l’a alerté « sur la nécessité de faire valoir la mobilisation des fonds placés sous fiducie pour la Fonderie de Bretagne ». Selon lui, l’enjeu est que « la fonderie dispose de la trésorerie nécessaire pour financer la période d’observation ». Le ministre lui a confirmé « que des travaux étaient en cours ».
Damien Girard veut croire, lui aussi, que les choses vont évoluer positivement. Il attend « un engagement très probable de Renault » mais reconnaît que « la suite reste très floue ». Considérant que l’enjeu c’est l’après 17 juillet, et la période d’observation de six mois, il va demander, avec d’autres députés, dont l’insoumise Aurélie Trouvé, à rencontrer le Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui dire l’urgence de nationaliser provisoirement l’usine. La demande, réitérée à plusieurs reprises depuis le mois de février, est restée lettre morte. « Je n’ai aucune réponse ».
En fin de journée, Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération , Loïg Chesnais-Girard, président du Conseil régional ; le député Jean-Michel Jacques, et le maire de Caudan, Fabrice Vély, ont, à leur tour, salué la reprise de l’activité par les salariés. « Ce geste dit tout de leur engagement, de leur attachement au site et de leur volonté dese battre jusqu’au bout ». Aux yeux des quatre élus, « les garanties attendues par le tribunal de commerce sont en bonne voie pour permettre la validation de la période d’observation. Une reprise effective de l’activité est espérée pour début octobre ».
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