
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot lors des questions au gouvernement, le 14 octobre 2026.
©Stevens Tomas/ABACA
Les révélations de « l’Humanité » sur les livraisons d’armes par la France à Israël en plein génocide à Gaza et nettoyage ethnique en Cisjordanie ont retenu l’attention du ministre des Affaires étrangère. Des investigations ont été lancées et « des mesures conservatoires (ont été prises) en attendant leurs résultats », a assuré Jean-Noël Barrot à l’Assemblée nationale mercredi 14 octobre.
Par Julia HAMLAOUI
Après avoir une nouvelle fois caricaturé les positions de LFI sur le génocide à Gaza, le ministre des Affaires étrangères a eu une épiphanie à l’Assemblée nationale, mercredi 14 octobre. Interrogé par l’insoumis Thomas Portes sur les ventes d’armes à Israël, Jean-Noël Barrot a commencé, selon l’habitude gouvernementale, par nier : « Je vais le répéter une nouvelle fois, nous ne vendons pas d’armes à Israël », a-t-il martelé dans l’hémicycle.
Mais pour une fois il y a eu un « mais ». « Ceci étant dit, nous avons pris connaissance des révélations par le journal l’Humanité que certaines armes auraient pu être vendues à Israël et donc nous avons immédiatement lancé des investigations. Nous avons pris des mesures conservatoires en attendant leurs résultats », a ajouté le ministre.
Plus de 550 livraisons d’armes depuis 2023
Car le mantra habituel de l’exécutif – « La France ne vend pas d’armes à Israël », comme le répétait aussi fin septembre la ministre des Armées, Catherine Vautrin devant la commission de contrôle des exportations d’armes – a de nouveau été mis à mal par un rapport d’Urgence Palestine et de Palestinian Youth Movement dont l’Humanité à dévoiler le contenu début octobre.
En pleine guerre génocidaire, la France a effectué 35 livraisons à Elbit Systems, principal fabricant d’armes israélien, qui s’ajoutent aux 525 livraisons en Israël réalisées entre octobre 2023 et mars 2026. Les syndicats CGT, Sud Aérien et Solidaires 93 de Roissy ont depuis réussi à maintenir au sol une cargaison de matériel militaire destinée à Elbit Systems dont l’acheminement a aussitôt été reprogrammé.
Manque de contrôle, composants à doubles usages civil et militaire… tout est bon pour maintenir ce funeste business duquel la France se rend complice faute d’agir avec force. Les « investigations » annoncées par Jean-Noël Barrot changeront-elles la donne ? L’avenir le dira même si les prétentions du ministre laissent craindre le pire.

« Il n’y a pas d’autres pays dans le monde qui aujourd’hui soutient autant le peuple palestinien que ne le fait la France », a-t-il prétendu lors de la même séance à l’Assemblée. Annonces de sanctions peu suivies d’effet, survol de l’Hexagone par le premier ministre israélien malgré le mandat d’arrêt de la CPI, accords commerciaux toujours en vigueur, livraisons d’armes… Si le gouvernement est à son maximum, Benyamin Netanyahou et ses ministres suprémacistes peuvent dormir sur leurs deux oreilles.
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