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Premier poste de dépense des étudiants, le logement coûte encore plus cher en 2026 : +2,87 % dans le privé et +1,04 % dans les Crous, selon l’Unef. Son classement des villes universitaires révèle de fortes disparités territoriales, neuf ans après la promesse toujours inaboutie de 60 000 nouveaux logements Crous.
Par Pierre CAZEMAJOR
Le logement continue de peser toujours plus lourd dans le budget des étudiants. Selon le classement des villes universitaires publié par l’Unef mardi 25 août, les loyers progressent encore de 2,87 % dans le parc privé en 2026. Même les loyers Crous, pourtant censés offrir une solution à tarification sociale, augmentent de 1,04 %. Une hausse qui accompagne celle, plus générale, du coût de la vie étudiante : +1,66 % cette année, et même +35,84 % depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017.
Après neuf ans de macronisme, l’Unef dresse ainsi un « bilan catastrophique » et dénonce « l’échec d’une politique qui n’a jamais fait de la vie étudiante une priorité ». Se loger constitue toujours le premier poste de dépense, alors que nombre d’étudiants doivent quitter le domicile familial pour accéder à la formation de leur choix. Le prix du logement finit ainsi par peser jusque sur l’orientation : « Le choix d’une ville, et donc d’une formation ou d’une université, dépend d’abord des moyens financiers plutôt que d’un choix de projet d’études », alerte le syndicat.
D’importantes hausses à travers tout le territoire
Paris reste la ville universitaire la plus chère, avec un coût mensuel estimé à 1 618,41 euros, devant Créteil (1 489,48 euros), Saint-Denis (1 476,48 euros), Nice (1 414,64 euros) et Nanterre (1 407,48 euros). À l’autre bout du classement, Limoges affiche 1 080,55 euros, devant Saint-Étienne, Pau et Poitiers parmi les villes les plus abordables. Près de 540 euros séparent ainsi les deux extrêmes.
Le logement explique une large part de ces écarts. Il faut compter en moyenne 923 euros par mois pour se loger à Paris, contre 409 euros à Limoges, 413 euros à Saint-Étienne et Poitiers ou 417 euros à Pau. Mais les villes les plus abordables ne sont pas épargnées : les loyers bondissent de 6,23 % à Limoges et de 6,92 % à Pau.
Les plus fortes augmentations se trouvent toutefois à Nice (+9,04 %), Toulon (+8,43 %), Bordeaux et Perpignan (+7,98 %), ou encore au Mans (+7,81 %). À Paris, où les loyers demeurent de loin les plus élevés, leur progression est nettement plus contenue grâce à l’action de la mairie (+0,87 %).
60 000 logements Crous promis, à peine 10 % construits
Pour l’Unef, cette dépendance au marché privé est d’autant plus préjudiciable qu’Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse de 2017 : construire 60 000 logements Crous supplémentaires. Huit ans plus tard, en 2025, à peine 10 % étaient sortis de terre. « Les engagements pris n’ont pas été tenus », dénonce le syndicat, qui estime qu’« aucune mesure structurelle n’est venue enrayer la précarité croissante de la jeunesse étudiante ».
Face à cette hausse, l’Unef réclame désormais la construction de 150 000 logements Crous supplémentaires, particulièrement dans les villes touristiques où les locations de courte durée concurrencent celles de longue durée. Le syndicat demande également un encadrement national des loyers, le gel des loyers et des charges dans le parc Crous, et une hausse de 20 % des APL. « Il est temps de rompre avec cette logique et d’investir massivement dans la vie étudiante », défend l’Unef.
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