Manifestation du 31 octobre à Brest . « Attention, ils arrivent » : quand la manifestation bascule (OF.fr-31/10/26)

Nouvelle journée de mobilisation contre la vie chère, ce samedi 31 octobre 2026, à Brest, pour l’« acte 3 » du mouvement. Lycéens, étudiants et autres manifestants se rassemblent dans le centre-ville, après deux précédentes journées de mobilisation les 17 et 24 octobre. | JUSTIN PICAUD / OUEST-FRANCE

Parti dans le calme, le rassemblement contre la vie chère et les violences policières s’est achevé dans les gaz lacrymogènes, les vitrines brisées et un épais nuage de fumée, ce samedi 31 octobre 2026, à Brest (Finistère). Retour sur les événements qui ont marqué la fin du rassemblement.

Par Aude KERDRAON , Frédérique GUIZIOU et le correspondant local OF

Tout avait si bien commencé ! Samedi 31 octobre 2026, près de 14 000 personnes étaient rassemblées à Brest (Finistère) pour le troisième samedi consécutif, pour dénoncer la vie chère, un État jugé de plus en plus « liberticide » et la violence des forces de l’ordre contre les manifestants.

Une manifestation scindée en deux

Tranquillement, le cortège a remonté la rue Jean-Jaurès jusqu’à la rue de la 2e-DB, puis il est redescendu vers l’avenue Clemenceau pour rejoindre le boulevard Gambetta. C’est là, que les premiers incidents ont eu lieu. À l’intersection de la rue de la République, les manifestants ont allumé un feu barrant la route, avec tout ce qu’ils ont pu trouver sur le chemin (poubelles, poussette…).

À partir de ce moment-là, de façon un peu anarchique, la manifestation s’est scindée en deux. Une partie est retournée directement vers la place de la Liberté, certains restants attendre le reste du cortège au son d’une fanfare, d’autres préférant rentrer.

Lire aussi notre direct sur les manifestations en France : Manifestations du 31 octobre : 320 000 à 500 000 personnes dans les rues ce samedi, 296 interpellations

« Attention ! Ils arrivent ! »

Quelques minutes plus tard, le reste des manifestants descend la rue Jean-Jaurès. Il est presque 16 h 30. L’heure de fin de l’autorisation de la manifestation. Attention ! On avance. Ils arrivent ! entend-on. « Ils », les forces de l’ordre, lancent aussitôt les premières bombes lacrymogènes. Les manifestants, les yeux rougis et la gorge piquante, remontent la rue Jean-Jaurès. La solidarité entre les manifestants se met immédiatement en place. Les gens se donnent la main pour se guider dans la fumée et s’aident les uns et les autres pour progresser dans la rue. La distribution de masques et de sérum physiologique commence. L’air est saturé, irrespirable. Soudain, trois ou quatre jeunes s’en prennent aux vitrines de la Banque Populaire qui explosent sous les jets de cailloux.

Les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser les derniers manifestants. | JUSTIN PICAUD / OUEST-FRANCE

Les gendarmes se mettent alors en ordre de marche. Nous allons faire usage de la force », lancent-ils dans leur haut-parleur. Les manifestants reculent. Les gendarmes à pieds, s’assurent que des groupes ne se forment pas dans les rues perpendiculaires. Il reste encore beaucoup de monde dans les rues. La casse se poursuit aussi, avec de nouvelles tentatives de briser les vitrines de la BNP, une agence immobilière en haut de la rue Jean-Jaurès… Tous les magasins ont baissé leurs rideaux.

18 h, la place de Strasbourg se devine à peine dans l’épaisse fumée qui fait s’éparpiller les derniers manifestants.

Source:https://www.ouest-france.fr/societe/manifestation/manifestation-du-31-octobre-a-brest-attention-ils-arrivent-quand-la-manifestation-bascule-afb10f4e-d546-11f1-84f3-5611f158a658

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