
Beaucoup de monde a participé à la manifestation à Saint-Brieuc, samedi 17 octobre 2026. | OUEST-FRANC
Des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes des Côtes-d’Armor samedi 17 octobre 2026. Des manifestations à Saint-Brieuc, Dinan, Lannion et Guingamp aux revendications multiples concernant le pouvoir d’achat, l’éducation… Ces rassemblements et blocages de ronds-points se sont déroulés dans le calme. Retour sur les faits marquants d’une journée de manifestations qui s’est déroulée sans heurts.
Par les redactions OF des Côtes d’Armor
Des milliers de personnes ont manifesté à Saint-Brieuc, Lannion, Dinan et Guingamp samedi 17 octobre 2026. Des manifestations aux revendications multiples : pouvoir d’achat, éducation… Elles interviennent au lendemain de plusieurs jours de contestation lycéenne et alors que les prix des carburants atteignent des records. En France, plusieurs centaines de rassemblements et blocages étaient prévus. Retour sur les faits marquants de cette journée de mobilisation en Côtes-d’Armor qui s’est déroulée sans heurts.
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À Saint-Brieuc, du jamais-vu depuis 2023
2 700 personnes selon la police, 5 000 selon la CGT : dans les deux cas, le constat est le même, à Saint-Brieuc, il n’y avait pas eu autant de monde dans les rues depuis les manifestations contre la réforme des retraites, en 2023. Une mobilisation dont l’ampleur a surpris des deux côtés. Pour les représentants syndicaux, qui se sont greffés à l’appel à manifester contre la vie chère lancé sur les réseaux sociaux, c’est un succès, qui en appelle d’autres.
Dans le cortège, les très nombreuses pancartes ont montré la diversité des revendications et la convergence des luttes, des lycéens au réchauffement climatique, en passant par la vie chère et les fermetures d’écoles à Saint-Brieuc. La manifestation s’est terminée dans le calme vers 17 h, devant la préfecture.
Dans la matinée, une vingtaine de taxis avait mené une opération escargot dur la RN12, au départ de Trémuson, jusqu’au rond-point de Brézillet, qu’ils ont atteint vers 14 h, là aussi dans le calme.
À Dinan, une mobilisation sans les syndicats
Qui a organisé le rassemblement ?
A Dinan, la question était sur toutes les lèvres, ce samedi après-midi. Sur l’esplanade de la Résistance, lieux de rendez-vous habituel pour les manifestations, environ 300 personnes étaient réunies. 150 selon les autorités. Dans la foule, aucun drapeau syndical, seulement des pancartes.
Les revendications sont variées (coût du carburant, pouvoir d’achat, répression policière…), mais l’objectif de la mobilisation est le même pour tous : la convergence des luttes. Clémence, Loula et Paola, lycéennes, rappellent l’importance de manifester dans les petites villes. : Ici aussi, on a des problèmes. C’est partout pareil.
Après quelques tours de rond-point, place Duclos, le cortège a pris la direction du centre historique. Encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants ont déambulé pendant près de deux heures. Dans la matinée, une cinquantaine de personnes étaient réunies au rond-point de l’Aublette, QG des Gilets jaunes en 2018.
À Lannion, « j’ai remis mon gilet jaune »
Deux manifestations spontanées ont émaillé cette journée du 17 octobre à Lannion. Des défilés qui se sont déroulés dans une bonne ambiance, mélangeant toutes les générations. Un premier rassemblement avec près de 150 personnes est parti du quai d’Aiguillon dès 9 h, pour rejoindre le rond-point de Bel air, fief des gilets jaunes en 2018. En 2018, je n’avais pas le gilet jaune, mais cette fois-ci je l’ai mis
, confie Alphonse, 52 ans. Le rond-point est resté occupé toute la journée.
L’après-midi, une deuxième manifestation improvisée a réuni près de 400 personnes dans le centre-ville. Le cortège a grossi au fil du parcours, agrégeant les colères : pouvoir d’achat en berne, répression policière, manque de perspectives… C’est un ras-le-bol général
, admettent Anne-Marie et Philippe. Quelques gilets jaunes sont de retour mais ils ne sont pas majoritaires. Pourtant les revendications sont les mêmes
, assure Philippe, 64 ans, revenu battre le pavé.
À Guingamp, un arc-en-ciel générationnel en colère
Dans le cortège Guingampais, massif (1 600 personnes selon Ouest-France, 2 000 selon les organisateurs, 1 200 selon les gendarmes), l’arc-en-ciel générationnel n’est pas passé inaperçu. Et la convergence des luttes, réclamée par les lycéens, s’est produite avec des manifestants, fiers et en colère. On montre que l’on peut se réunir dans un même combat
, exprimait d’ailleurs Loïza, cette lycéenne de 16 ans venue de Lannion.
En revanche, le retour des gilets jaunes, incertains dans le secteur, ne s’est pas produit. Et ce, même si certains arboraient la veste flashy au sein du mouvement. Seul un rond-point, menant au Carrefour, a été bloqué, en fin de manifestation, par 200 personnes pendant moins d’une heure. Cela n’a engendré aucune conséquence pour la chaîne de grande de distribution. Et aucune dégradation n’a été constatée par les forces de l’ordre.
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