Manque de Canadair : avec la polémique, les macronistes en plein retour de flamme (H.fr-16/07/26)

La France ne dispose que de 12 Canadair, alors que Gabriel Attal avait réduit le nombre de nouveaux avions de quatre à deux pour des raisons budgétaires.
© Jean-Christophe MILHET / AFP

Face à une saison des feux historique et précoce, l’opposition dénonce le manque de moyens pour lutter contre les incendies. Emmanuel Macron, en déplacement le 16 juillet à Fontainebleau, a tenté d’éteindre la polémique.

Par Clémence LE MAÏTRE

Alors que 32 000 hectares ont déjà brûlé en France – dépassant le bilan complet de la saison 2025 –, la gestion de la flotte aérienne de lutte contre les incendies est au cœur des critiques.

En déplacement jeudi 16 juillet à Fontainebleau, où plus de 2 000 hectares de forêt ont été ravagés, Emmanuel Macron a dressé un constat alarmant : la France « n’a jamais été confrontée à autant d’épisodes de pression de feu un peu partout sur le territoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

Si l’incendie ne progresse plus depuis le 15 juillet, il aura fallu mobiliser 950 pompiers et quatre Canadair. Une première historique en Île-de-France qui illustre l’extension du danger sur le territoire. Face aux critiques sur la gestion des Canadair, Emmanuel Macron affirme ne pas avoir « attendu cette crise » pour agir. Il assure que, dès son arrivée à l’Élysée, il a relancé la production « en mobilisant les autres Européens, en commandant, en mettant six pays européens ensemble pour pouvoir relancer la filière ».

La France dispose de 12 Canadair

La question des moyens de défense est brûlante dans l’Hémicycle. La France dispose aujourd’hui de 12 Canadair. Ces avions bombardiers d’eau, essentiels pour contrôler la progression des feux, s’avèrent insuffisants face à des saisons de feux précoces, longues et intenses. Un constat qui a poussé les oppositions à critiquer et à interpeller le gouvernement sur les délais de commande et de livraison des Canadair.

En 2022, Emmanuel Macron avait fait de ces avions le symbole de la lutte contre les incendies. Il avait promis un investissement massif pour remplacer les 12 appareils vieillissants et renforcer la flotte avec quatre bombardiers d’eau supplémentaires d’ici à 2027.

Mais cette promesse a été revue à la baisse. Un décret, signé en 2024, par l’ex-premier ministre et candidat à l’élection présidentielle Gabriel Attal a donné un coup de rabot de 10 milliards d’euros de dépenses publiques. Cette rigueur budgétaire a contraint la sécurité civile à renoncer à l’achat de deux appareils.

En juillet dernier, un rapport parlementaire alertait déjà sur la « crise majeure » des moyens aériens français. « La flotte n’est plus adaptée aux besoins, lesquels augmentent fortement sous l’effet du réchauffement climatique », dénonçaient les députés Damien Maudet (LFI) et Sophie Pantel (PS). Les contraintes d’entretien des Canadair (dont la moyenne d’âge est de 30 ans) compliquent les besoins de répartition stratégique sur le territoire pour lutter contre les incendies.

Après le mégafeu dans l’Aude l’année dernière, l’État a relancé les commandes avec deux avions supplémentaires pour un montant de 209 millions d’euros. Cependant, ces Canadair ne sont pas attendus avant 2033, sous réserve que le constructeur canadien De Havilland – unique fournisseur de ce type d’appareil – assure sa capacité de production.

Cette double dépendance (à l’UE et à De Havilland) pose une question de souveraineté majeure. Début juillet, le sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, avait d’ailleurs interpellé le gouvernement sur l’urgence de bâtir une autonomie industrielle face au feu.

Source: https://www.humanite.fr/social-et-economie/forets/manque-de-canadair-avec-la-polemique-les-macronistes-en-plein-retour-de-flamme

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