
Réduire ses déplacements, renoncer à des loisirs ou changer de voiture : face à la hausse du prix des carburants, les habitants ruraux des Côtes-d’Armor adaptent leurs habitudes. Plusieurs lecteurs racontent comment cette hausse pèse sur leur quotidien.
Par Quentin BATTAIS
Pour certains, impossible de faire autrement que de prendre la voiture chaque jour. Pour d’autres, il faut désormais réfléchir à chaque déplacement. Après notre appel à témoignages sur la hausse du prix des carburants, plusieurs habitants des Côtes-d’Armor nous ont raconté les conséquences sur leur quotidien.
Lire aussi : VIDÉO. Carburants : ces Français qui passent au bioéthanol sans changer de véhicule
Aline a ainsi choisi de limiter ses déplacements au strict nécessaire. J’ai réduit mes déplacements à l’indispensable et je fais des demi-pleins d’essence 95
, explique-t-elle.
« Mon plein dépasse désormais les 100 € »
À Trédias, Emmanuelle travaille comme enseignante contractuelle à Saint-Brieuc. Quatre jours par semaine, elle parcourt près de 120 km. Avec ses horaires, les alternatives à la voiture sont difficiles à envisager. BlaBlaCar Daily ne fonctionne pas du tout et le train serait une épopée pas forcément moins chère et en considérant que les horaires coïncident
, explique-t-elle.
Lire aussi : « Vu le prix du gazole, il vaut mieux faire le trajet à deux » : ils covoiturent pour aller travailler
Résultat : son budget carburant s’envole. Mon plein dépasse désormais les 100 € et je consomme entre deux et trois pleins par mois.
Une dépense qui contraint à faire des choix. Je suis obligée de renoncer à des trajets de loisirs le week-end
, témoigne-t-elle.
Sa voiture affiche aujourd’hui 220 000 km au compteur. Si elle devait la remplacer, l’addition deviendrait encore plus lourde. Entre le crédit maison, le crédit voiture et le carburant, j’atteindrai 1 200 € juste avec ces trois dépenses
, estime-t-elle.
Ils ont remplacé leur diesel par une voiture électrique
Pour Xavier et son épouse, installés à Uzel en 2024, la hausse du prix du carburant a conduit à un changement plus radical. Tous les deux travaillent à Saint-Brieuc et parcourent quotidiennement plusieurs dizaines de kilomètres.
Le couple disposait pourtant d’un véhicule diesel qui consommait relativement peu et pouvait également compter sur la ligne BreizhGo. Mais au printemps 2025, leurs dépenses de gasoil ont fortement augmenté. Ils ont alors décidé de vendre leur voiture diesel pour acheter un véhicule électrique. Nous sommes passés d’environ 350 € de carburant par mois à seulement 36,50 € d’électricité pour 1 400 km parcourus en juillet, puis 61,18 € pour 2 150 km en août
, détaille Xavier.
Nous ne regrettons vraiment pas notre choix »,
assure-t-il. Il reste toutefois attentif à l’évolution de la fiscalité qui pourrait, selon lui, modifier le coût d’utilisation des véhicules électriques dans les prochaines années.
Des bus, mais pas toujours aux bons horaires
Adeline habite dans une commune proche de Lannion, où elle travaille. Elle est seule avec un salaire et travaille six jours sur sept. Pour elle, la voiture reste indispensable.
Sa commune est desservie par des bus, mais l’offre ne correspond pas à ses contraintes professionnelles. Il n’y a pas de bus qui conviennent à mes horaires de travail et encore moins pour me déposer proche de l’entreprise
, explique-t-elle.
Elle tente donc de limiter les dépenses ailleurs. Pour les enfants, les trajets vers l’école se font à pied. Pour les autres déplacements, elle regroupe les courses et les rendez-vous dès que je peux
.
Même les loisirs sont concernés. Je ne vais plus à la salle de sport avant de commencer ma journée quand mes matinées sont libres. Je suis obligée d’y aller différemment et moins également
, témoigne-t-elle.
Ces témoignages illustrent une même difficulté : en milieu rural, réduire sa consommation de carburant ne dépend pas uniquement de la volonté de l’automobiliste. Lorsque le travail, les services ou les commerces sont éloignés et que les horaires des transports collectifs ne correspondent pas aux contraintes professionnelles, la voiture reste souvent difficile à remplacer.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=109094&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
