
Après une première alerte fin juillet 2026, le Groupement des agriculteurs biologiques des Côtes-d’Armor (Gab 22) tire la sonnette d’alarme face à une situation qui ne cesse de s’aggraver. Un épisode de sécheresse qui pourrait avoir des conséquences sur le long terme.
Par Emilien LAQUIEZE-MALMARTEL
L’ensemble du département des Côtes-d’Armor a été placé en situation de crise sécheresse, vendredi 14 août 2026. Deux semaines plus tard, alors que le débit des cours d’eau est toujours au plus bas et que les sols restent secs, les conséquences sur les agriculteurs ne cessent de s’accroître. Maraîchers, éleveurs, conventionnels, mais aussi bio, aucune branche de la profession n’échappe à ces conditions météorologiques.
Fin juillet, le Groupement des agriculteurs biologiques des Côtes-d’Armor (Gab 22) avait déjà tiré la sonnette d’alarme, après une enquête réalisée auprès de ses adhérents. Depuis, aucun voyant n’est repassé au vert. On est sur une situation qui n’a fait que s’aggraver durant le mois d’août. Et de manière assez homogène dans le département. Il n’y a pas de secteurs épargnés
, déplore Antoine Person, éleveur porcin à Pleumeur-Bodou et président du Gab 22.
Des pertes sur le long terme
Les dernières remontées des agriculteurs biologiques font état de pertes de 80 % sur le brocoli, de 30 % sur les pommes de terre, des baisses de rendement sur les grandes cultures… Conséquence directe : le moral des producteurs est au plus bas. Il y a le stress de manquer de nourriture pour les animaux et la peur de l’impact financier. Et forcément, il y a de la fatigue
, explique Antoine Person.
Autre inquiétude, les conséquences de cet épisode estival pour les prochains mois. À l’image des éleveurs laitiers qui subissent déjà une baisse de production et ont, en plus, dû puiser dans leurs stocks de fourrage qu’ils n’auront plus cet hiver pour nourrir leurs bêtes. Ou encore les semis de colza qui ne peuvent pas être effectués, en raison de sols bien trop secs.
Face à ces conséquences, le Gab 22 espère une réponse forte de l’État. Les agriculteurs sont, aujourd’hui, en première ligne. On ne peut pas être les seuls face à l’inaction climatique de ces vingt dernières années
, clame l’éleveur. Il souhaite notamment des aides d’urgence – et non des prêts qu’il faudra rembourser
– qui soient adaptées au système bio
, notamment pour les petites installations. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, doit annoncer, le 3 septembre, des mesures d’aides pour le monde agricole.
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