
Paris et Berlin pousseraient l’Union européenne à adopter un dispositif de sanctions commerciales vis-à-vis de Pékin. Le ministère chinois du Commerce annonce être prêt à réagir.
Par Axel NODINOT
Après Washington, les atlantistes bruxellois se joignent à la cabale commerciale dirigée contre Pékin. Alors que les représentants de l’Union européenne et du Parti communiste chinois continuent leurs négociations, plusieurs États membres – les poids lourds français et allemand notamment – pousseraient pour un dispositif de sanctions commerciales contre la Chine. C’est ce qu’a révélé Noah Barkin, conseiller au cabinet de recherche Rhodium Group et spécialiste des relations sino-européennes.
Son article, relayé par le Global Times, a fait réagir le Zhongnanhai, le siège du gouvernement chinois. Lors d’une conférence de presse tenue mardi 29 septembre, le ministère du Commerce a dénoncé des projets « protectionnistes et unilatéraux » et a assuré que la Chine « réagira avec fermeté afin de défendre les droits et intérêts légitimes de l’industrie chinoise » si de telles mesures venaient à voir le jour.
Paris et Berlin copient Washington
Selon Noah Barkin, Paris et Berlin seraient favorables à un dispositif semblable à la « Section 301 » de la loi états-unienne sur le commerce. Cette dernière permet à Washington d’imposer des sanctions commerciales à un pays tiers suspecté de pratiques déloyales, ce que Donald Trump utilise ad nauseam.
« L’UE a elle-même été victime de tels outils par le passé ; ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse », ajoute Pékin en référence aux droits de douane imposés l’année dernière par le président milliardaire aux Vingt-Sept. Et d’avertir : « Si l’UE dialogue et consulte la Chine tout en durcissant sa position à son égard, elle nuira gravement à la confiance mutuelle, perturbera le processus de consultation et aura un impact négatif sur la coopération économique et commerciale sino-européenne ».
Bruxelles s’est laissé jusqu’au mois d’octobre pour réagir aux exportations chinoises, de véhicules électriques et d’éléments technologiques par exemple, qui creuseraient le déficit commercial européen (359,8 milliards d’euros en 2025), nullement compensé par de trop faibles importations de produits du Vieux continent vers Pékin.
D’où la multiplication depuis quelques semaines des réunions de négociations entre les représentants des deux parties, qui progressaient pourtant de façon « étonnamment favorable » selon les participants.
« Un effet contre-productif sur la stabilité des chaînes d’approvisionnement »
Si la France et l’Allemagne réussissent leur coup, « non seulement cela ne résoudra pas le problème, prévient le ministère du Commerce, mais cela aura également un effet contre-productif, perturbant les échanges commerciaux entre la Chine et l’UE et la stabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales ». À l’été 2025, alors que les droits de douane trumpiens atteignaient jusqu’à 145 % sur les produits chinois, le Parti communiste chinois avait riposté par des sanctions similaires.
Alors la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sait à quoi s’en tenir lorsqu’elle affirme que « le second choc chinois » est « déjà là » et « mène à la désindustrialisation des régions industrielles centrales de l’Europe ». L’Allemande ne pipe cependant pas mot des suppressions d’emplois et des délocalisations des multinationales européennes, sur l’autel de l’accumulation de capital.
URL de cet article: https://lherminerouge.fr/wp-admin/post.php?post=109764&action=edit
Article suivant :
Article précédant :
