
Samedi 17 octobre, la manifestation n’avait pas non plus été déclarée. Le cortège de 10 000 personnes était passé par la pénétrante, une première. | OUEST-FRANCE
À quoi s’attendre samedi 24 octobre à Lorient, alors qu’un appel à mobilisation nationale est lancé ? Difficile de le savoir. Le préfet du Morbihan a interdit toute manifestation dans le centre-ville. Mais des regroupements ne sont pas à exclure.
Par Nadine BOURSIER et Yann-Armel HUET
Pas de déclaration, pas de manifestation. Ce jeudi 22 octobre 2026, le préfet du Morbihan a annoncé qu’aucune déclaration n’ayant été déposée dans les temps pour la tenue d’une nouvelle manifestation samedi 24 octobre 2026 à Lorient, elle sera interdite. Contrairement à celle de Vannes, déclarée.
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« Je refuse que ces violences se réitèrent »
« Je m’en félicite, se réjouit le maire centriste, Fabrice Loher. Le droit de manifester est une liberté fondamentale. Néanmoins, il ne peut s’exercer que dans un cadre légal. » Il pointe les « émeutes » de samedi dernier 17 octobre, qui ont touché notre centre-ville. Je refuse que ces violences se réitèrent. Nos commerces n’ont pas à subir les conséquences des casseurs et des pilleurs qui profitent des rassemblements pacifiques pour dégrader et intimider.
La préfecture annonce également des « moyens renforcés » des forces de l’ordre.
Alors qu’une organisation commençait à se mettre en place, étudiants et lycéens ont appris cette interdiction après leurs assemblées générales, ce jeudi. Le matin, à l’université de Bretagne Sud, une quarantaine d’étudiants s’étaient réunis devant le Paquebot, fermé administrativement, depuis mardi 20 octobre.
Comme une quinzaine de lycéens, réunis au même endroit dans la foulée, ils avaient voté le principe de manifester samedi à partir de 14 h, place Jules-Ferry, et de se retrouver en amont à 11 h dans le parc Gagarine, comme le samedi précédent.
« Ça ne me dissuade pas de manifester »
Cette interdiction change la donne. Je pense qu’il y aura quand même une manifestation et que ce sera suivi par des lycéens individuellement
, estime un lycéen. Nous allons en rediscuter ensemble, sans doute ce vendredi
, précise un étudiant.
Le midi, Léo, étudiant en troisième année d’histoire, confiait avoir peur de la répression et des moyens déployés. Samedi, il y a eu des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD). Ça me sidère, mais ça ne me dissuade pas de manifester.
La colère est intacte
, confirme un autre étudiant.
« Nous serons là pour aider »
La CGT sera de nouveau présente dans la rue samedi, aux côtés de ceux qui souhaitent manifester lors de l’acte II
de la mobilisation nationale contre le coût de la vie. Nous n’avons pas déclaré, car nous ne sommes pas à l’origine de la manifestation, même si nous soutenons, explique Manuel Caramante, secrétaire général de l’union départementale. Nous serons présents de manière pacifique, pour encadrer au maximum, avec nos chasubles pour être bien identifié et nos brassards blanc avec une croix rouge, pour se positionner en street médic. On condamne la casse et les pillages, mais nous serons là pour aider s’il y a des blessés.
Rémi Hamon, secrétaire de l’union locale CGT, déplore la logique autoritaire. On est sur une pente inquiétante.
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Le prétexte des violences est parfait
Même son de cloche du côté de la FSU : Nous ne sommes pas à l’initiative, mais nous soutenons l’appel », explique Elsa Coquerez, secrétaire départementale.
Ils seront présents avec leurs couleurs. Nous sommes du côté des revendications, particulièrement celles qui touchent à l’éducation (demande de moyens, réforme de Parcoursup…) ou à la revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, mais nous sommes très inquiets, pour ne pas dire effrayés, des dégradations et des pillages qui ont eu lieu après la manifestation. Et des conséquences que cela a sur l’expression sociale et les réponses sécuritaires qui se dessinent. Le prétexte des violences est parfait pour étouffer l’expression du mouvement social.
Seize organisations syndicales et politiques de gauche, dont les communistes, la France insoumise, ainsi que le député écologiste Damien Girard, défendent aussi dans un communiqué commun, la liberté de manifester
.
« Nous serons aux côtés des jeunes »
Nous appelons à participer massivement et pacifiquement aux mobilisations du samedi 24 octobre, du jeudi 5 novembre et aux prochaines mobilisations sociales, syndicales et de la jeunesse partout où cela est possible, écrivent-ils. Nous serons aux côtés des jeunes et des manifestants, avec notre brassard blanc, pour s’assurer que les revendications puissent se faire entendre dans le calme.
Si ces forces de gauche disent, par ailleurs, regretter « les pillages et les dégradations », elles estiment que « ces actes ne doivent pas servir à discréditer l’ensemble de la mobilisation ». Et dénoncent « les violences commises dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre » et « la doctrine de confrontation mise en œuvre par le gouvernement ».
Il n’y a jamais eu autant de monde dans une manifestation à Lorient que le 17 octobre. C’est le signe qu’il y a une attente
, témoigne Elsa Coquerez.
Quant aux lycéens, ils se projettent d’ores et déjà sur la rentrée, après les vacances. Le mouvement, qui se structure notamment à travers la création d’un groupe rassemblant des élèves de chaque lycée, prévoit des actions de blocus à partir du mardi 3 novembre.
(1) Les syndicats CGT, FO, FSU, Confédération paysanne, Sud Éducation, Union pirate, mais aussi les organisations politiques l’Après, les écologistes, les communistes, le NPA, la France insoumise, Asso Solidaires 56, le député Damien Girard, Morbihan debout !, le Collectif Pays de Lorient en Transition et l’Assemblée des quartiers 56.
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