« On a été manipulés » : les salariés de Fonderie de Bretagne entre « dégoût et colère » (OF.fr-29/06/26)

Alors que Fonderie de Bretagne a été placée en cessation de paiements et bientôt en redressement judiciaire, les 266 salariés du site ne savent pas de quoi sera fait leur avenir. | ARCHIVES THIERRY CREUX / OUEST-FRANCE

À Caudan, près de Lorient (Morbihan), après le placement en cessation de paiements de Fonderie de Bretagne et l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, l’avenir du site semble compromis. Dans ce contexte, une réunion du conseil économique et social (CSE) doit se tenir ce mardi 30 juin 2026, alors que la reprise de l’activité est maintenue au mercredi 1er juillet 2026.

par Stéphane BACRO

Ils sont sortis par groupes, parfois seuls, le visage fermé. Quand certains sont montés directement dans leur voiture, d’autres sont restés sur le parking à discuter, la mine toujours aussi sombre. Les salariés de Fonderie de Bretagne (FDB) à Caudan (Morbihan) se sont réunis, lundi 29 juin 2026, dans la matinée.

Objet du rendez-vous ? Faire un point sur la situation de l’entreprise après l’annonce de son placement en cessation de paiements, et l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire qui devrait être prononcée dans les jours à venir. Désormais, il y a trois options : la liquidation judiciaire et la fermeture de la fonderie ; l’arrivée d’un repreneur costaud financièrement pouvant garantir de gros volumes de production ; une reprise avec de petits volumes et un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) en perspective », résume Maël Le Goff, délégué CGT.

En attendant, certains salariés ont le sentiment d’être revenus à la case départ, puisque FDB avait déjà été placée en redressement judiciaire en janvier 2025 avant sa reprise par le groupe Europlasma le 1er mai 2025. Sauf qu’à l’époque, on avait de la trésorerie. Là, il n’y a plus rien dans les caisses souffle un salarié.

Reprise mercredi 1er juillet ?

Dégoût, abattement, colère sont les mots qui reviennent en boucle chez les salariés de la Fonderie de Bretagne lorsqu’il s’agit d’évoquer la situation. Depuis la reprise d’Europlasma, on n’a travaillé que durant quelques semaines. On nous a promis des investissements qui ne sont jamais venus. On a été manipulés, constate l’un d’entre eux, lorsqu’un autre tance Jérôme Garnache-Creuillot, PDG d’Europlasma. On l’a vu une seule fois en un an. À FDB, on pointe aussi le manque de soutien de la part des politiques. N’oublions pas que c’est l’État qui a appuyé la candidature d’Europlasma.

Dans le flou total concernant leur avenir, les salariés de Fonderie de Bretagne espèrent, malgré tout, retourner au travail mercredi 1er juillet 2026. À l’arrêt depuis janvier à la suite de l’incendie d’un four, l’usine est, de nouveau, prête à tourner. Mais sans doute pas pour longtemps. On a environ une semaine de réserve pour faire fonctionner les fours explique un « fondeur ». Et pour quoi faire ? interroge un autre.

« On ne demande qu’à travailler »

Malgré cela, la reprise de l’activité est souhaitée par tous. Ne serait-ce que pour prouver que l’outil industriel est opérationnel. On a des machines flambant neuves, les compétences qui vont avec. On ne demande qu’à travailler, résume un salarié, qui s’inquiète du versement des prochains salaires. Ils doivent tomber mercredi. Mais comme on dépend désormais de l’AGS (régime de garantie des salaires), on ne sera peut-être pas payés avant mi-juillet.

Pour nos familles, c’est du stress supplémentaire, pointe un salarié, quand un autre ne cache pas sa lassitude. On n’est pas étonnés de ce qui arrive. Depuis plusieurs années, ça n’en finit pas (départ de Renault qui avait créé l’entreprise en 1966, cession avortée au fonds allemand Callista, arrivée d’Europlasma…). On est épuisés.

La suite ? Une nouvelle réunion du comité social et économique (CSE) doit se tenir mardi 30 juin 2026. Mais pas sûr qu’on en sache beaucoup plus.

Avant le rendez-vous, Europlasma s’est fendu d’un communiqué laconique, se refusant à tout commentaire.

Source: https://www.ouest-france.fr/economie/industries/on-a-ete-manipules-les-salaries-de-fonderie-de-bretagne-entre-degout-et-colere-8209320e-73b9-11f1-a0e7-4fa27dc4c816

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