« On ne s’en rend même pas compte » : la baisse de pression au robinet est-elle la solution contre le manque d’eau ? (OF.fr-14/08/26)

Depuis mardi 12 août, les habitants de deux communes de Morlaix Communauté expérimentent une diminution de la pression de l’eau (photo d’illustration). | FRANCK DUBRAY / ARCHIVES OUEST FRANC

Depuis mercredi 12 août 2026, les habitants de deux communes de Morlaix Communauté (Finistère) expérimentent une diminution de la pression de l’eau. Cette mesure, prise par la régie publique locale de l’eau, vise à réduire la consommation, dans un contexte de « crise sécheresse ». Mais cette décision relève du cas par cas, et tous les territoires du département ne pourront pas l’appliquer. Explications.

Par Baptiste Brodbeck, Olivier Berrezai, Béatrice Griesinger et Carole TYMEN

Placé en crise sécheresse pour la première fois depuis 2022, le Finistère compte ses litres d’eau. Les collectivités appellent la population à limiter au maximum sa consommation.

Dans le pays de Morlaix (Finistère), les communes de Plougasnou et Saint-Jean-du-Doigt sont, depuis mercredi 12 août 2026, au cœur d’une expérimentation : dans certains quartiers, la pression de l’eau dans les canalisations a été volontairement diminuée par An Dour, la régie publique de l’eau de Morlaix Communauté.

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Pour le moment, cette baisse de 1 bar concerne des secteurs relativement plats. La raison ? La gravité. Pour rallier des logements situés au cinquième étage d’un immeuble ou sur une butte, il faut une pression plus importante, explique Adeline Breton, responsable du service communication d’An Dour. C’est également le cas pour des habitations situées loin d’un château d’eau, en bout de chaîne.

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Un débit réduit, sans effet sur le quotidien

Dans les deux communes, ces baisses de la pression de l’eau dans les canalisations souterraines ont été communiquées le jour même aux habitants par SMS. On craignait que les gens ne fassent des réserves si on les prévenait trop en amont, argumente Adeline Breton. Or, l’objectif reste d’économiser de l’eau, sans affecter le quotidien. En consommant moins, donc, mais aussi en limitant les fuites du réseau.

Concrètement, la baisse actuelle permet de maintenir au robinet un débit certes réduit, mais qui n’affecte pas la vie quotidienne. Pour l’instant, on n’a reçu aucun appel de la part des usagers concernés, assurait Adeline Breton, au lendemain de la mise en place de la mesure. La plupart du temps, on ne se rend même pas compte que la pression de l’eau à son domicile a diminué.

« Encourageant », le test est élargi à Crozon

En presqu’île de Crozon, dix jours après le lancement du test de baisse de la pression auprès de 1 400 abonnés, les résultats sont jugés « encourageants ». La collectivité élargit donc le dispositif à la commune de Crozon situé sur le même plateau géomorphique, vendredi 14 août 2026.

Le même dispositif est à l’étude pour la commune voisine de Telgruc-sur-Mer. Par extrapolation des observations des dix premiers jours, la mesure devrait permettre d’économiser entre 5 % et 10 % d’eau.

« Éprouver la résistance du réseau »

An Dour avance prudemment, pour éviter de créer des coupures d’eau involontaires. Adeline Breton affirme que le service public de Morlaix Communauté est encore en phase de test. On y va progressivement, pour éprouver la résistance du réseau et observer comment il réagit.

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Des appels « à la sobriété maximale »

Au sud du département, dans les neuf communes de l’agglomération de Concarneau (Concarneau Cornouaille Agglomération), la situation hydrique est également préoccupante. Les niveaux des nappes et des cours d’eau sont très faibles, les prévisions météo ne prévoient pas d’amélioration dans les prochaines semaines, avancent les élus. Un appel à la sobriété maximale est lancé auprès des usagers.

À la population d’environ 54 000 habitants vient s’ajouter en été une forte fréquentation touristique, qui pèse sur la ressource. Une rupture d’alimentation pourrait avoir lieu d’ici la fin du mois d’août, s’inquiètent les élus.

Ils réfléchissent donc à la prochaine étape, qui pourrait être celle d’une réduction du débit au robinet. Si une baisse des consommations n’est pas observée, des restrictions d’eau pourraient être mises en œuvre.

Une idée pas duplicable partout

La baisse de pression ne semble toutefois pas duplicable partout. C’est le cas à Quimperlé communauté, qui se refuse à baisser le débit de l’eau potable dans son réseau de 1 600 km qui dessert 16 communes. Tout le réseau n’est pas surpressé, indique Pascal Bozec vice-président chargé de l’eau potable et de l’assainissement à Quimperlé communauté. Nous ne pouvons donc pas agir sur la pression.

Il évoque un risque sanitaire en cas de baisse de pression. Il peut y avoir un effet de dépression, de siphon. L’écoulement se fait alors en sens inverse. Des eaux stagnantes pourraient s’infiltrer dans le réseau. Ce ne serait pas forcément nocif, mais une eau trouble qui arrive au robinet ne rassure pas.

Ancien pompier professionnel, il affirme aussi qu’une pression réduite dans le réseau crée un risque de manque de pression aux pompes à incendie. Tout comme pour les appareils domestiques, qui peuvent se mettre en sécurité, selon lui.

Étendre la mesure

Pour le moment, aucune date n’est prévue pour un retour à une pression classique dans les canalisations. La tendance est même plutôt à poursuivre des tentatives très progressives de diminution à Plougasnou et Saint-Jean-du-Doigt, avant de potentiellement étendre la mesure à d’autres secteurs de Morlaix Communauté la semaine prochaine. La situation nous oblige à avancer au jour le jour, déplore Adeline Breton.

Source: https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/penurie-d-eau/on-ne-sen-rend-meme-pas-compte-la-baisse-de-pression-au-robinet-est-elle-la-solution-contre-le-manque-deau-8d11ca06-9724-11f1-9ee8-a50506a5291a

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